Un visiteur perturbant

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Un visiteur perturbant

Message  Stryfe le Jeu 25 Nov - 21:32

Dans la pénombre, une étoile filante se fut voire. C'était une étoile étrange, brillant d'une étrange lumière et voyageant à une vitesse plutot lente. C'est après l'avoir observée quelques temps que l'on eut réalisé que cette petite étoile se dirigeait droit vers la terre ferme pour s'écraser dans les champs. C'est dans un cratère brulant, creusé par sa tombé du ciel, qu'on aurait pu observer cette étrange étoile, d'un métal étranger et d'une forme ressemblant à une sorte d'étrange navette, s'ouvrir sur son côté. C'est là, pour la première fois depuis d'incomptables centenaires, que Stryfe respira l'air de Févlia. Il regardait autour, s'attendant presque à être attaqué, mais il constata vite qu'il était seul. Prenant son premier pas en dehors de cette prison d'acier depuis très longtemps, il eut un sourir particulier. Il monta jusqu'en haut de son cratère et il jeta un coup d'oeuil à ce merveilleux monde qui le fit sourire autant. La violence y était. Le conflit y était. C'est le genre de chose qu'il pouvait sentir, juste à l'odeur. Mais pour le reste, il y avait toujours ses instincts de soldat et son bon sens. Après tout, il l'eut choisi, ce monde. Pendant au moins cent ans, il l'observait, attendant son moment parfait. Et c'est en jetant un coup d'oeuil permit par sa sonde qu'il y vut la haine, la discrimination, la pauvreté, l'indiférence des gentes en pouvoir... Oui... Tout ce qu'il voulait était là, à sa portée. Un monde perturbé et primitif. Un monde où pouvait fleurir les semences de la guerre.

"La guerre..."

Ce mot lui mit un grand sourir au lèvres.
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Dolf Polim le Ven 26 Nov - 22:02

Les gens de la ville pouvaient trouver les nuits sihyariennes terriblement silencieuses.
Dommage que les gens de la ville ne sachent pas écouter. Ni regarder, d'ailleurs. Arrivés en campagne, ils cherchent leurs logements communautaires, leurs voitures, leurs music-halls, leurs opéras, leurs boutiques, leurs hôtels, ... et tout frais débarqués, ils ouvraient les yeux pour ne plus voir. Enfin, pour ne rien voir, ça décrirait mieux leur état d'esprit quand ils se rendent compte que Sihyara est une cité agraire.
À croire que les brochures oublient de le mentionner.

Je parle de la gent urbaine, mais la rurale ne vaut pas mieux. J'aurai dû comparer les adultes aux enfants et à ceux qui s'attardent dans l'âge tendre ou y sont retournés. Anubis n'aurait rien remarqué de ces petits bonheurs simples au goût sauvage quelques temps plus tôt. Mais le temps avait voulut que Dolf, lui, renoue avec la nature, ses instincts et surtout... sa curiosité un peu piquante de gamin pourri gâté.
Je vous avais prévenu, ils y en a qui s'attardent en enfance. Et lui, ses bonheurs de môme se résumaient à la chasse et au risque inutile. Le pire, c'est qu'il en avait conscience, de son immaturité. Il en souriait comme un père le ferait quand il parle des jeux qu'il partage avec ses enfants. Quelque part, si son autorité seule pouvait faire de lui ce père, il était devenu le papa d'une bonne cinquantaine de marmots tout en muscles et en fourrure, de quelques mètres de haut et très friands de viandes.

En cette nuit de chasse, il n'en accompagnait qu'une quinzaine. Batue par leur course, l'herbe bruissait. La lumière était basse, mais les loups voyaient, et lui percevait le fin tracé que leurs proies avaient laissé en s'échappant. Les humanoïdes étaient emprunts de bien, de mal... pour les psychopathes, de rien.
Les animaux laissaient des traces plus subtiles. Elles ne dérangent rien dans l'ordre des choses. C'est comme de suivre un fil tendu à l'extrème, qu'une poussée brise comme la neige craque.
Mais eux la balayaient en silence, chacun calant ses pas dans ceux de son précédant.
Tout allait pour le mieux dans le froid brut qui les frappait sans les blesser.

Un claquement dans l'air, une lumière et avant même le crash, les lycans s'étaient dispersés. Mais pas qu'eux : tout ce qui était animal avait filé, et le végétal, enraciné, lui sembla tanguer. Quoi que ce fût, c'était d'assez mauvais présage pour que tout eût préféré être loin de ça. Et s'il n'avait pas fuit, c'est parce qu'il était redevenu homme. Et parce qu'un mélange de méfiance et de cette curiosité de gamin attardé.

- Si tu y vas, je reste.

Surpris de ne pas être seul, il se retourna. La petite Iseult le dévisageait, effrayée. À chaque chasse, il choisissait un hybride pour le seconder en cas de problème. Iseult était la plus jeune de tous les chasseurs. Mal mordue, ses parents n'avaient pas eu cette chance. On lisait clairement sur ses traits et dans son attitude qu'elle était écartelée entre sa nature humaine et sa part lycane.
Sa volonté l'emportait.

- J'aurais honte de ne pas pouvoir leur raconter en combien de morceaux tu t'es retrouvé éclaté.

Amusé, il répondit sur le même ton.

- Ce n'est peut-être pas maléfique.
- Je m'en fous. On sait tous que c'est pas naturel.

Le timbre volontaire, sûr, irréfutable de la jeune louve se brisa soudain. Elle allait ajouter quelque chose, mais la comparaison qu'elle s'apprêtait à faire mourut dans sa gorge. Il ne mettrait pas longtemps à comprendre qu'il en était le comparant.
Il ne pu s'empêcher d'acquiescer. Cette sensation indescriptible... il l'avait déjà ressentie.
Mais quand?

- Reste dans la forêt. Mais prépare-toi à courir.

Il se coula entre les arbres avant qu'Iseult ne pose de questions.
Chien à nouveau, il avançait ventre à terre.
Et ne pu s'empêcher de constater que ces derniers temps, les champs sihyariens n'avaient pas de chance. Une chose restait sûre: c'était pas naturel du tout, ce vaisseau. Et si ce n'était peut-être pas maléfique, ce n'était pas bon du tout. Par réflex, il ferma son esprit à toute intrusion. Il concentra toute son attention à l'instant présent. Occulter le reste effaça son aura pour un moment.
Ce qu'il approchait était humain. Mauvais. Dangereux. Mais anormal. Et c'est ça qui effraya le plus Dolf. Car cette anormalité raviva quelques vieux souvenirs.
Et ces vieux souvenirs le pointèrent du doigt à moins d'une dizaine de mètre de l'homme et de son engin. Ni vu, ni entendu, sa présence s'était pourtant faite évidente.
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Message  Stryfe le Dim 28 Nov - 19:11

"La guerre..." murmura Stryfe.

Plus il le répétait, plus il avait l'envie de le chantonner. Il commença plutôt à siffloter une vieille chanson qu'il aimait bien interpréter à l'orgue. Avait-il obéi à ses instincts de soldat, il se serait peut-être tue en sentant cette présence subtile mais noire, mais pourtant, cette odeur qu'il percevait ne fesait que le mettre d'encore meilleure humeur. Il pouvait sentir la subtile odeur du sang, portée par le vent. Il dégaîna son sabre, claquant des doigts au rythme de sa chanson avec sa main libre. Pour la première fois depuis des millénaires, il se sentait heureux. Pour la première fois depuis bien trop longtemps, il avait la fine impression qu'il pourrait s'amuser. Il appuya sur la gachette au-dessous du pommeau de son sabre. Il se mit a briller d'une lueur rouge et chaude. Il espérait que le tranchant de son arme ne s'était pas trop émoussé. Pour s'en assurer, il choisit aléatoirement un arbre et le trancha en deux d'un coup rapide et précis. D'un bruit fracassant, l'arbre tombat. Il s'approcha du tronc pour vérifier la coupure; la sensation de brulure sur ses doigts ansi que l'odeur de souffre lui indicait que son sabre surchauffant était encore bien fonctionel. C'était parfait: il y a trop longtemps depuis la dernière fois qu'il a pu s'épprouver au corps à corps. Il sourit.

"Je sait que tu est là!" déclara Stryfe à voix haute. "Je distingue trop bien l'odeur de la mort qui t'entour. Qui que tu soit, viens! Montre-toi, que je me décide sur ton sort!"
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Message  Dolf Polim le Mer 1 Déc - 20:02

Surpris? Non. Et même s'il l'avait été, il aurait continué de sourire - comme les chiens peuvent sourire.
Il avait observé le manège curieux de cette lame brûlante et étrange trancher comme du beurre un saule deux fois comme lui. La lame devait être d'un tranchant improbable pour renverser un arbre avec une telle facilité... alors qu'elle était chauffée à blanc.
Quand l'inconnu l'appela, il montra les crocs avant de reprendre forme humaine. Son visage était toujours paré de ce rictus canin : avant même son exile, il avait oublié ce qu'était sourire de façon naturelle. Et l'apparent jeune homme qu'il devait faire n'était plus Dolf, le gentil petit Dolf qui guérissait ses amis les lycans au joyeux pays des champs et des naines aggressives, mais Anubis. Le joueur inconditionnel.

- Pardon de sentir la... crevure.

Plus rien n'était sérieux. Tout cet irréel l'avait définitivement perdu. Il en oublia son groupe dispersé, le fait qu'il n'avait aucune arme, jusqu'à la petite Iseult qui l'attendait surement. Il ne voyait plus que ce pari: vivre ou mourir?
Son paternalisme éteint, les muscles tendus, il se préparait à l'action.
Toujours avec le rictus s'il vous plaît.
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Message  Stryfe le Ven 3 Déc - 21:10

Le sourire du dieu déchu disparu. Qu'était cette diablerie? Il trouvait bien étrange qu'un simple chien pue autant le sang et la violence, mais de voir cette... chose se transformer en homme. Que de plus, un homme qui ne semblait posséder la moindre peur d'une arme qui lui était sûrement étrangère. Oui... le sourire de Stryfe eût disparu plutôt vite en voyant cet impressionnante métamorphose. Son regard se glaça, fixant cet homme, cette chose, possédé d'un rictus lui rappelant un chacal. Le calme était revenu au dieu de la guerre: il ne pouvait se laisser excité, et la méprise était impardonnable. La mort ne pardonne pas l'ignorance.

"Pardon, il semble que je me suis mal pris", dit Stryfe d'un ton calme mais féroce. "Je vous ai pris pour une simple ordure. Décidemment, les premières impressions son trompeuses..."

Il observait cette créature attentivement. Elle était déjà prête à se battre, mais elle attendait sûrement quelque chose... Une ouverture? Un signe de faiblesse?

"Dis-moi, créature, connais-tu les règles du combat?"

Il attendit une réponse et sourit, froidement, cruellement.

"Ne jamais agir brusquement devant une puissance inconnue."

Soudainement, son sourire disparu. Quelque chose lui piquait le menton. Il se gratta et y sentit une barbe qui eût bien au-delà d'un centenaire pour pousser. Stryfe lâcha un grognement irrité.

"Hé... Ça te dérangerait qu'on remmette ça à plus tards?"

Il pointait sa barbe d'un doigt agité.

"J'aurai bien envi de me raser avant de me battre."

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Message  Dolf Polim le Dim 5 Déc - 18:50

Le sourire de l'inconnu glissa de son visage. Anubis essaya de comprendre l'origine de cette réaction chez cet être voué au mal. Il avait déjà vu cette surprise méprisante sur d'autres visages, mais en quelles circonstances? Pour mieux réfléchir, il se détendit un rien. Il savait qu'il ne risquerait rien tant que cet autre chercherait à comprendre ce que lui-même était.
À se toiser mutuellement comme ils le faisaient, on aurait pu établir une liste de similitudes qui n'en finirait pas. Ce qui les différenciait les plaçait néanmoins à deux pôles opposés: la violence, ou bien cette notion de mal que l'un s'était parfaitement approprié.
Ni l'un ni l'autre ne combattait sous un drapeau bien défini, mais il y a une nuance importante entre se battre pour soi et se battre selon ses propres principes.
D'un côté il y a cette volupté du sang.
De l'autre, une restriction qui coupe parfois au plaisir.

Le mal change de visage dans chaque civilisation. Anubis l'avait lui-même expérimenté à plusieurs reprise quand venait le temps de juger: l'idée de meurtre était perçue différemment selon les peuples. Pour certains, il s'agissait de l'ultime moyen de protection contre le destin. Pour d'autres, c'était un péché impardonnable et inexplicable.
Quant à son avis sur la question, il était généralement neutre et ne pouvait suivre que la façon de penser du jugé. Les seules fois où il entrait en compte, c'était quand l'être n'avait de loi que son bon plaisir.

Disons que là, l'être n'avait de loi que son bon plaisir.
Mais il l'intriguait.
Ce picotement sur sa peau, il ne l'avait senti qu'au passage d'un enfer à un autre. De la Terre à Févlia. Et pendant des années, il avait inspiré cette même sensation à toutes les créatures assez sensibles pour la percevoir.
Comme les loups. Les animaux. Les dieux. Ou ceux à qui il avait parlé par télépathie. Ils tentaient d'abord de le repousser, puis s'intéressait à cette chose indéfinissable. Bonne ou mauvaise? Combien de fois lui-même se l'était demandé?

Quand l'autre commença à le questionner, il haussa les sourcils avec un mépris désintéressé. De la provocation? Pas entièrement. Ni même du dédain. L'autre se posait vraiment des questions à son sujet. Au sujet de la magie, surtout.
Il fut frappé par cette idée.
Alors ce qu'il avait apparenté aux engins volants sybaliens, à une canalisation d'énergie... tout ça était mécanique? Intéressant.

Quand l'autre voulu remettre le combat à plus tard, il ne comprit pas. Cette réaction ne collait pas à ce qu'il savait du personnage: un destructeur de masse (comme le suggérait son arme massive) qui appréciait les trophées, cette idée d'évolution. Un collectionneur de combats réussis.
... qui lui donna raison en ne lui laissant qu'un répit de courte durée.
Pour toute réponse, le déchu sept fois millénaire haussa les épaules.

- N'ais pas l'impression d'être pressé.

Il s'accroupit, paré à bondir d'un côté ou de l'autre. Tendu au maximum.
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Stryfe le Lun 20 Déc - 19:47

Stryfe lacha un petit rire, bref et court. Il rengaina son sabre et se tourna le dos. En circonstances normales, il aurait lui-même qualifié cet acte de négligeable et de stupide, mais il y avait une chose qui ne l'a jamais trompé: son instinct. Et ce qu'il lui disais, son instinct, c'était qu'un être comme celui qui se tenait devant lui avait une bien trop forte présence pour qu'il puisse l'approcher à la déloyale. Il ressentait quelque chose de familier... Qu'importe. Sans trops se poser de questions inutiles, il jeta un regard du coin de son oeil vers cette entité étrange et inconnue.

"Ne te gênes pas trops. Il me reste sûrement quelques grains de thé et nous avons a discuter toi et moi. J'ai la nette impression que tu me seras de plus grande utilité en vie, tout comptes faits."

Sans un autre mot, l'homme venu d'un autre monde s'en retourna dans son engin qui lui a permis il n'y a que quelques jours de traverser les étoiles.
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Message  Dolf Polim le Sam 25 Déc - 21:15

L'attitude ostensible de sonhôte très étranger l'aggaçait (et avec deux "g" parce qu'il l'agaçait doublement). Il aurait préféré jouer cartes cachées et s'amuser de l'autre comme de son ancien employeur, immortel lui aussi. Il fallait croire qu'il n'avait plus le monopole de la provocation: l'autre gagnait un coup d'avance en affichant une extrème confiance en lui et lui ne pouvait plus que répondre. Sans frapper. Attention. Donner le premier coup physique était contraire à ses principes et uniquement valable pour sauver un allié.
Pris au jeu, pourtant, il se laissa aller à participer à un échange de comportements à risques, dont le seul but serait de déterminer lequel des deux surpassait l'autre—un jeu idiot, même lui aurait pu le dire cinq minutes avant. Mais cinq minutes avant, l'autre n'avait pas baissé toute garde avec cette même nonchalance que s'il allait servir du thé à ses invités. Ce qu'il fit presque.

Il jeta d'abord un regard de regret vers les bois (Iseult le tuerait surement à son retour) avant de dissimuler son aura, amusé. Il s'approcha ainsi distraitement du vaisseau et ne conserva qu'un léger écart de sureté. Les mains dans les poches.
Avec un peu de chance, s'il se faisait attaquer, il n'aurait qu'à se jeter à plat-ventre dans l'herbe.

Des grains de thé? Tiens... une espèce hybride entre les grains de café et les feuilles de thé? ironisa-t-il.

L'autre lui avait proposé de se mettre à l'aise; ça commençait bien. Bientôt, il irait chiper deux ou trois trucs "chez lui" pour les ramener à ses lycans. Si Anubis ne craignait pas pour sa vie, c'est qu'il n'y avait rien à craindre. Le désir de pouvoir de cet immortel qui lui paraissait humain faisait qu'il désirait en apprendre plus sur ce monde, et un animal lui arrivait droit dans les bras, et apparemment bien placé pour le renseigner. C'était trop beau, et ç'aurait été trop stupide de le tuer... maintenant.
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Stryfe le Mar 4 Jan - 20:43

Le vaisseau de l'étranger était fait d'une manière unique, différente de l'architecture brillante et déifique, presque réminéscente d'une cathédrale, des autres dieux de son monde: ses vaisseaux avaient pluôt tendance à êtres vastes et sombres, envahis de couloirs étroits et lugubres, les cables et la machinerie trop bien exposés et encombrants pour qu'on s'y sente à l'aise sans être fou; d'ailleurs, rien ne disait que Stryfe ne l'était pas déjà. Il y a passé ce qui semblait être une éternité dans le vide glaciale de l'espace, et il se dit, par pure sentimentalisme, un sentiment qui le dégoûtait, qu'il s'ennuirait de son petit chez-soi. Il longeait les couloirs et inspecta les alentours du vaisseau en même temps: le cockpit restait intacte, alors la fuite en cas d'embarras n'était pas hors de question; son petit cachet d'armes restait en un morceau, s'il s'était un peu éparpillé durant l'impact (il allait devoir y rememttre de l'ordre plus tards); la salle d'hibernation où il dut passer des centenaires, peut-être même des millénaires, était encore en état de fonctionnement, malgré des dégâts mineurs; finalement, la salle qui l'inquiétait le plus, la salle où l'équipement le plus sensible y était, était belle et bien en un morceau. C'était sa petite manufacture d'armes et de munitions, la salle qu'il a du prendre de grandes peines a amménager dans son vaisseau avant son exile sans qu'on le remarque. Il eût un grand sourire en y repensant, sachant qu'il avait facilement déjà de quoi équipper une petite milice. Finalement, il se redirigea vers la salle d'hibernation où était la salle de toilettes, et il s'asseya sur une petite chaise en métal devant un miroir. Il prît une cannette en métal et en retira une mousse blanche et crémeuse, se l'appliqua à la barbe et sortit son couteau de combat. C'est comme cela qu'il se rasait sur un champs de bataille, et il trouvait cette pratique appropriée dans l'instant.
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Dolf Polim le Jeu 13 Jan - 19:48

Le ciel noir se teintait d'un ocre leger. Dans 3 heures, le soleil se leverait et reveillerait ses loups devenus Hommes. Comme tous les matins, ils se demanderaient pourquoi ils se seraient reveilles partout ailleurs que dans leur lit, ou ils avaient bien pu perdre leurs vetements. L'esprit aussi confus qu'un lendemain de cuite. Ils iraient ensuite tous au point d'eau le plus proche et attendraient son retour ou celui de son hybride, comme chaque fois que leur clan se retrouvait eparpille pour une raison inconnue.
Dans ces cas-la, on craignait toujours la mort de l'un d'entre-eux: par l'un d'eux, le plus souvent. Et s'il n'y avait pas de corps, il leur fallait parfois des annees pour se convaincre d'un deces. Peu importait ce qu'il leur disait, qu'il ne sentit plus la présence du disparu où qu'il allat.

Il savait que s'il ne revenait pas à temps, ils ne suivraient pas Iseult. Ils l'attendraient lui. Surtout s'ils sentaient toujours la presence de cet autre dieu.
Il y avait des risques pour qu'ils l'attendent longtemps.

Toujours sur ses gardes, il ne franchit pas le seuil de l'habitacle. D'ici, il savait que le lieu n'etait pas propre à s'assurer une bonne defense. Surtout qu'il s'agissait la d'un milieu inconnu... qu'il ne risquait d'ailleur pas de connaitre s'il ne le visitait pas. Il haussa les epaules: apres tout! Il ne risquait rien. Il s'avança dans les etroits couloirs encombres, jonches de cables qui avaient du sedecrocher lors de l'impact. Comme il l'avait devine, tout n'etait qu'une imposante mecanique, bien differente des quelques vaisseaux sybaliens qu'il avait dejas pu entrevoir depuis le sol. Selon certain, ces vaisseaux pouvaient accueillire des equipage entiers. Cette machine-ci était, elle, bien en peine de laisser ne serait-ce qu'un homme circuler librement.

La magie ne pouvait toujours être remplacee efficacement par la technologie.

A nouveau, Anubis fut pris du sentiment tendu d'etre la ou il ne l'aurait pas du. Il avait cru que ce sentiment lui paraitrait moindre voire absent apres qu'il se fut rendu dans la demeure d'Amos, ce dieu qu'il n'avait pu vaincre sous entrave et qui, terriblement "contrarié" (pour reprendre ses mots) par sa trahison, lui en avait collé une seconde par-dessus. Avec toute la discretion dont il etait dote, il arpenta les couloirs, situa mentalement quelques pièces, en déduit approximativement la taille. Ce qui etait plutôt difficile, vu l'epaisseur irréguliere des murs, aussi bien renforcee que creusee par les machines (il aurait ete bien en peine d'en donner le role au sein de la structure).
... a nouveau, son aura disparut.
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Stryfe le Jeu 20 Jan - 19:58

Lorsqu'il eût fini de se raser, Stryfe essuya la dernière mousse ainsi que les derniers poils de son couteau et le rangea dans sa ceinture au côté de son sabre. Il scruta attentivement son visage dans le miroir, s'arrêtant sur chacune de ses cicatrices, une à une, et tentant de se rappeler du mieux qu'il le pouvait où il l'aurait eue; pour certaines, il pouvait se rappeler avec une nostalgie étrange et perturbante exactement quelle arme et quel guerrier lui avait infligé, mais d'autres... D'autres lui parraissaient tellement anciennes et familières qu'il ne pût s'imaginer sans elles, comme si elles faisaient partie intégrale de son être depuis sa naissance. Mais ça, c'était il y a très longtemps, beaucoup plus longtemps que sa simple mémoire de mortel puisse s'en rappeler.

Un frisson lui traversa la nuque. Depuis leur rencontre, il avait toujours réussi à sentir la Présence de l'étranger, mais c'est maintenant, comme plus tôt, que sa Présence s'estompa. Présence... C'est le seul mot que son peuple pût inventer pour décrire le sentiment de vertige et d'irréel qu'on associait à la présence d'un dieu ou de toute autre entité puissante. Lui-même devait bien dégager sa Présence, même s'il lui était impossible de se sentir et de s'observer lui-même objectivement. Mais pourquoi donc cet être, qui ne semblait pourtant pas être au commandes ni d'une nation, ni d'une armée possédait-il une Présence? Et comment faisait-il pour effacer sa Présence? Stryfe se posait tellement de questions au sujet de cet inconnu, et c'est pourtant pour celà qu'il dût sourir.

Il y a très longtemps que les combats sur Élysium avaient perdu leur piquant, bien longtemps même avant que les autres couards de dieux décidèrent qu'un dieu de la guerre, auparavant un mal nécessaire, n'était qu'obsolète et désuet dans un monde où tout, de l'atmosphère jusqu'à l'esprit humain, était parfaitement contrôlé par les drogues et la technologie. Tuer ne l'amusait plus, guerroyer avait perdu son intérêt. Il connaissait tout, des coups les plus bas jusqu'aux tactiques les plus géniales de ses ennemis. Mais maintenant, le voilà, entouré d'inconnus.

Une puissance inconnue... Des ennemis inconnus... Des entités inconnus...

Ce monde était nouveau et étrange, mais il y reconnu une chose, et celà lui suffisait. Ce monde voulait exploser. Ses peuples voulaient la violence. Et il leurs accorderait leurs souhaits volontiers.

Il se leva et fît une fois de plus le tour de son vaisseau. Il cherchait son invité d'outre-monde. Il avait réfléchi en se rasant. Il était trops tôt pour tuer un tel invité, une entité avec le crâne sûrement rempli d'informations fascinantes et nécessaires à la conquête de ce monde. Oui, il avait beaucoups trops de questions à lui poser...
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Dolf Polim le Mer 26 Jan - 22:55

Si l'appareil avait ete en etat de marche, il aurait hesite a s'y aventurer davantage. Mais il aimait etre precis dans ses plans mentaux, alors ouvrir quelques portes ne presentait aucune futilité—ni aucun risque, tant que cette empreinte qui aureolait l'autre ne le signalait pas de l'autre cote et que lui-meme gardait le sien cache.
Par ailleurs, c'etait plus par jeu qu'il se cachait—cela remontait a bien longtemps, la derniere fois ou il avait pu etre craint ou susciter le moindre interet de par ses pouvoirs.

Pour ce qui etait de sa petite visite, notre curieux ne pretait pas tant attention au contenu de ces salles (qu'il ne pouvait pas comprendre dans l'instant, mais autant y jeter quand meme un rapide coup d'oeil) qu'a leurs proportions. Mentalement invisible, il se faisait son mur de confiance brique par brique a chaque porte ouverte... qu'il ne se donnait pas toujours la peine de fermer.
A quoi bon? L'autre se douterait bien de quelque chose: tout le monde devinait vite que le dieu des morts n'a pas pour habitude de rester assis bien gentiment a attendre, encore moins quand il n'avait aucune idee de ce qu'il de vait attendre.

Ici, il s'agissait d'une petite exception: il savait deja une partie de ce qui le guettait.
Fevlia devait agir comme un aimant: propre a attirer tous les nouveaux dieux en vradrouille et a brouiller les communications vers l'exterieur. Un aimant... tiens, ce serait propre a attirer toute cette ferraille, se surprit-il à songer, absorbe dans la contemplation du plafon, curieux—comme son hote, qui approchait.
A peine si notre polymorphe deigna bouger, ne serait-ce que pour avoir l'extreme bienseance de montrer qu'il n'ignorait pas son hote et eprouvait une gene meme infime a se ballader chez les autres. Oui, il adorait se comporter en vrai gamin.

Deja l'heure des questions?

Il le regarda, sourcils hausses. Cette surprise juvenile a le desavantage de paraitre assez condescendante chez les adultes, mais le ton soigneusement articule d'Anubis ne trompait pas et avait ce cote enfantin des marmots eleves a coups de fables—ici, d'etrangers trop soigneux pour vraiment effacer leurs origines.

D'ou l'avantage d'etre deux etrangers pour parler une langue commune.
Ce qui soulevait une petite question: comment son hote avait-il pu apprendre le fevliass international?
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Stryfe le Lun 31 Jan - 19:40

Stryfe n'a pas dût chercher son invité très longtemps: celui-ci eût même la politesse de se retourner pour lui faire face lorsque Stryfe le retrouva entrain de fouiner dans sa petite manufacture.

—Deja l'heure des questions? lui demandais l'étrange garçon, les sourcils haussés.

Stryfe fronça les siens.

-Du devait bien t'y attendre. dit-il.

L'Élysien cherchait un endroit où s'asseoir, sachant que s'il n'en était que de lui, leur dialogue durerait longtemps. Il marcha vers une table avec plein de munitions ballistiques éparpillées (il allait devoir y mettre de l'ordre plus tards) et y prît une place, fixant l'étranger de son regard froid et infaillible.

-...Et, tu vois, j'en ai beaucoup. dit-il. Oh, que si! Nous en avons surement pour une heure, du moins, alors je te conseil de t'asseoir. Cependant, j'imagine que toi aussi, tu es plein de questions. Alors, vas-y... Pose les. Je répondrai à tes questions du mieux que je le peux, et en échange, tu réponderas aux miennes.
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Message  Dolf Polim le Jeu 3 Fév - 10:48

Aaah... je vois, sourit-il: vous preferez que je sois en du. Bah, tant pis, je vais dire.

Presque obeissant, il prit place sur l'une des machines—la plus proche. Son etat plutot endomage l'assurait qu'au moins il n'aurait pas la maladresse d'actionner il ne savait quoi. L'autre avait des questions? Tant mieux. Ce qu'il poserait lui permetrait de se faire une meilleure idee de ce à quoi il avait a faire—mais il faudrait repondre avec precautions. Il n'avait pas envie de trop bien l'informer.
Et puis, lui-meme n'etait le mieux qualifie pour repondre a toutes les subtilites du monde. Il avait du s'informer, et par les temps qui couraient, certaines de ses questions restaient en suspend des annes durant.

Alors il ne fit que hocher la tete.

Tu sais, je suis humain, alors si tes questions tendent un peu trop sur le detail, tu risque d'etre decu.

Un demi-mensonge. Mais le principal de la phrase restait assez honnete. Lance sur le tutoiment ou avait demare la discussion.
Ni l'un ni l'autre ne devait tellement se respecter. Du genre a tutoyer un peu tout le monde, par habitude.

L'Egyptien reagarda autour de lui, sans la moindre idee de ce qu'il pourrait demander. Meme si tout ce qu'il avait vu ne lui etait pas forcement familier, il avait comprit que ce vaisseau etait rempli d'armes a tuer—a moins que les bouchers et charcutiers n'aient change de metode pour tailler la viande.
Il jeta un regard en coin a un petit monticule de cablages et se rendit a l'vidence qu'il n'etait probablement pas le seul qui chercherait a analyser le comportement de l'autre par ses questions: mais lui n'etait pas en territoire inconnu; ses questions n'avaient que peu d'importance.
Il n'etait meme pas sur que l'autre serait entierement honnete.
Le spectacle devait continuer.

Ca sert a quoi, ca? demanda-t-il, montrant une machine parmis tant d'autres.
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Message  Stryfe le Mer 9 Fév - 21:31

Stryfe jeta un coup d'oeuil vers l'engin que le gamin(?) pointait du doigt, et il eût un sourire à la fois rassuré et ironique.

<<J'viens d'me piquer une descente en venant du ciel sur cette planète de fermiers et de paysans chiards, et la première question aux lèvres de ce mome, c'est "Ça sert à quoi, ça"?! Soit il me prends pour un con, soit c'est un connard lui-même.>> pensa l'extraterrestre (du moins, du point de vue d'un Févlien).

Ensuite, il regarda et observa ce garçon de face, ce garçon avec ses yeux remplis d'innocence et... et quoi? Le visage de Stryfe redevenait impassible, froid, car il venait de regretter s'être même posé la question.
<<'Sûr qu'y me prends pour un con. J'essai de l'intimider, mais c'est moi qui ai la trouille.>>

Il le savait en le regardant: ce gars là s'est entretenu pendant trop longtemps avec des entités surement plus perspicaces, et certainement plus malsaines qu'un simple dieu de la guerre. Il ne réussirait pas à le rouler ou à le manipuler à sa manière, car aussi charismatique et confiant était-il sur un champ de bataille, il savait fort bien que ses talents de diplomate laissait à désirer.

-Ça sert à manufacturer des armes. dit Stryfe, sans dédain et sans hésitations. J'pourrait bien t'expliquer ce qu'elles font et comment elles fonctionnent, mais c'est du genre à me donner mal à la tête, et encore moi j'ai les connaissances nécessaires qu'il te manque pour piger entièrement de quoi j'parle. Disont pour le moment que ça monte des fusils qui font "piou-piou" et qui tirent des rayons de lumière. Ça te suffit? Et vu que tu ne me sembles pas avoir de questions trop sérieuses aux lèvres, ça te gênerais si je t'arrêterais là?

Le ton de sa dernière question était sévère, peut-être même brusque, mais il devait se presser. Pour tomber sur un facteur inconnu, il n'y avait pas que le pouvoir du mec et son monde: ce gamin était un facteur inconnu tout simplement. Stryfe dût comprendre un peu tards que ce gars-là était capricieux, et que si il participait à ce petit jeu de devinettes, ce n,était que parce que ça l'amusait. Il avait besoin de lui poser ses questions, et vite.
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Message  Dolf Polim le Sam 12 Fév - 13:53

(je fête le grand retour de mon clavier! \o/)

Le sourire ironique de l'immortel lui fit croiser les bras et froncer les sourcils d'impatience—feinte, mais vous vous en doutiez. Anubis savait que sa petite mascarade le faisait passer pour un gamin capricieux qu'il n'était qu'à moitié. On reste jeune comme on le peut. Du moment que mentalement, il restait aussi sensé et vif que le trentenaire qu'il était censé être, il serait toujours de la partie.
Même s'il avait du se rouiller avec le temps: l'étranger avait vite perdu son sourire goguenard. Peut-être avec cette impression d'être le dindon de la farce. Ce n'était pas ce qu'il y avait de mieux pour l'amener en chemin découvert. Maintenant, il allait se presser et il n'en aurait plus que pour des questions guerrières—et trop techniques.
Heureusement, lui n'était en rien pressé. Sa petite partie de chasse avait dépensé le trop-plein d'énergie qu'il devait à son entrave et le froid hivernal l'empêcherait de revenir trop rapidement: il ne se balladerait pas de long en large dans l'habitacle comme un fauve dans une cage trop petite, comme il en avait toujours eu la fâcheuse manie chaque fois qu'il devait plaidoyer.

La façon dont l'inconnu lui répondit restait pourtant du genre à faire taire les gamins bavards et sourire le prétendu Dolf (bien qu'un peu déçu que la machine concernée ne fût pas un organe important de l'engin).

Ca te fais déjà une question. Tu veux vraiment que j'y réponde?
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Message  Stryfe le Ven 4 Mar - 20:18

-Ca te fais déjà une question. Tu veux vraiment que j'y réponde?

C'est la question que lui posait l'inconnu, et elle ne plaisait pas à Stryfe. <<S'il continue comme ça, je vais m'énerver.>> pensait-il. Dans un geste calme et calculé, il retira son pistolet Reaver de son fourreau et commença à le désassembler, lentement, calmement, dans un rituel qu'il accomplissait tous les jours sans faute dès le moment qu'on lui avait remis entre les mains, et avec un vieux chiffon malpropre et recouvert de suie, il commença à le nettoyer. Le temps était malchoisi pour désassembler son arme de choix, mais il l'était encore plus pour exploser de rage. Il devait montrer à ce mome qui était en contrôle, et c'est en gardant son sang froid qu'on maintient le contrôle d'autrui. Pendant ce rituel, Stryfe ignorait le jeune homme entièrement, peu importe ce qu'il aurait pu lui dire et se concentrait plutôt sur la présence du jeunot. Si les dieux avait une faiblesse, à moins que des millénaires à errer dans le vide de l'espace ne l'aie entièrement rouillé, c'était que leur puissante présence trahissait souvent leurs émotions. C'est une des raisons pour laquelle Stryfe s'est conditonné à ne rien trahir et à ne rien sentir en combat. Si ce pauvre mome osait lui montrer de l'hostilité, Stryfe le saurait et Nova, son sabre, était toujours à porté de main. Entre temps, il lançait des coups d'oeils occasionnels à cet étranger pour sonder son comportement. C'est après avoir réassembler son fusil en entier qu'il jeta finalement son regard glacé sur son invité.

-Bon, j'aimerais mettre certaines choses au clair. dit-il finalement. Le bavardage? C'est pas mon genre. Alors, gardons cela simple: je pose des questions, tu réponds, et tant et autant que je ne perçois pas que t'essais d'me rouler, je ferais semblant que tu ne m'as pas pris pour un con dès mon arrivée. Je tient aussi à te rappeler que ta vie dépend de tes réponses et, par extension, de ton utilité à mes yeux.

Sur ce, Stryfe pointa son Reaver en plein sur la figure de l'étrange personnage et démontra un mince sourir serpentin.

-Alors, tu piges? demanda-t-il. Question rhétorique, mais bon, passons aux choses sérieuses: je veux savoir bien des choses! Premièrement, (et attention! Je surveille ta réponse!) qui est-tu et quel genre d'entité est-tu?
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Message  Dolf Polim le Ven 18 Mar - 22:17

Comme le parfait innocent pas très ingénu qu'il jouait si bien, il profita de sa vision périphérique pour observer tous les mouvements les plus infimes de son hôte, et continua de le fixer droit dans les yeux, un sourire à la fois mutin, hypocrite, curieux, blasé et grisé (doux contraste—impossible? Non, puisque Anubis l'a fait.—digeste? Non plus, mais je vais arrêter mes parodies là) gravé sur ses traits comme au couteau. À peine s'il se pinça quand le déchu entrevit une arme (un canon, une gâchette: ça suffit à être menaçant) au poing de sa brute. Et sa soudaine froideur laissait entendre que les biscuits, les grains de thé et les feuilles de café ne seraient pas de la partie. Ce sont de vagues pensées ironiques du même genre qui traversaient l'esprit alambiqué du "jeunot" (lui-même se considérait ainsi) soudain très épuré. Aussi épuré que le cerveau spongieux d'une sirène: "Moi content. Moi pas content. Amusant. Pas amusant." était son actuel panel de réactions et émotions. Ce qui expliquait peut-être pourquoi il ne sentit pas qu'on l'observait mentalement. À nouveau.
Et le fusil de l'autre ne lui inspira qu'un vague: "Amusant!—Sauf si tu te fais cramer le cul comme la semaine dernière.—Bobo. Pas amusant." Grande richesse intellectuelle à la hauteur d'un amibe.

Il inclina la tête, toujours souriant... jusqu'à ce que le canon soit pointé sur lui. Ce qui eut le don de le ramener les deux pieds sur Févlia.

Ah, non, alors. Ça brûle, ça fait de la bolognaise quand ça a passé le front et mes amis n'obéirons pas à un légume. Je vais me présenter...

Son sourire et son regard se brouillèrent dans un instant de réflexion honnête: les tours et les détours de son aura recommencèrent à le trahir, bien qu'il fut conscient d'être épié. Assez chatouilleux mentalement, il sentait dans son petit cheminement intérieur un roc glacial qu'il savait ne pas être à lui. Peu désireux de se faire appelé de tous les noms d'oiseaux et de donner une occasion à Iseult d'avoir raison, il évita soigneusement ne serait-ce que d'y trébucher.
Et donc de trop penser. Ou mentir...

Ce qu'on a pu me la poser, cette question... J'y répond un peu toujours de la même manière, sauf quand on ne me demande rien. Ici, je suis une sorte de chaman.

Il avait dit ceci comme s'il s'agissait d'une espèce à part entière. Il joua avec sa mémoire, ses souvenirs. Rares étaient les mensonges et omissions aussi brèves qu'il faisait à son propre sujet. Cela avait quelque chose de vrai—après tout, rien de ce qu'il avait dit n'était faux.

Je suis guérisseur. Et mentaliste. C'est comme ça que se déclenchent mes pouvoirs: par la pensée. Et cynémorphe, une jolie façon de dire que, contrairement à mes loups, j'ai les crocs quand je le souhaite. Ça m'a donné le coquet sobriquet de Dolf Polim—je suis assez déprécié, dans le coin, bien qu'assez populaire... on m'achète cher. Mon titre de chaman, je l'ai eu quand mon bataillon m'a laissé en plan—je retournais un peu trop ma veste pour eux. Quitte à se prendre des coups des deux côtés, je préfère que ce soit avec classe.

Après une toux moqueuse pour lui-même, il acheva:

On m'a déchu de tous mes autres rangs. Autant dire que je ne suis plus rien, cher.

Oui, quand on est déchu, on n'est plus.
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Message  Stryfe le Jeu 24 Mar - 17:50

Stryfe écoutait cet étranger du nom de Dolf avec une attention minutieuse qui ne trahissait pourtant rien, et il notait chaque petit détail de son discours: ses mouvements, dans ses yeux autant que sur le reste de son corps, cherchant le moindre tic nerveux, les intonations de sa voix, chaque petit mot, cherchant un reflet de mensonge qui le trahirait, mais il n'y trouva rien. Il eut le soudain pressentiment que ce garçon n'aimait pas qu'on le force à l'honnêteté mais personne n'aimait les interrogatoires, surtout lorsque c'est eux qui se retrouvent à l'autre bout du flingue.

Même si son attention était divisé, c'était avec avidité que Stryfe but les mots de son partenaire de conversation. Des pouvoirs qui se déclenchent par la pensé; cela lui semblait beaucoup comme le psionisme pratiqué par quelques rares individus sur Élysium, sauf qu'à sa mémoire, les psions n'étaient pas capables de plus que de légères prestidigitations. Fasciné, Stryfe eut décidé de suivre cette piste. Pour ce qui était de ses arrières pensés par rapport à l'opinion de son compagnon sur les déchus, il remit cela pour plus tard; content d'avoir put retiré le nom de cet énergumène, il esquissa plutôt un sourire plus intense, plus tranchant.

-Ne m'appel pas "cher", Dolf. dit-il. Appel moi plutôt Stryfe. Explique moi donc en de plus amples détails ce qu'est un mentaliste et dis-moi quels autres prodiges tu peut donc accomplir. Ensuite, y a-t-il d'autres forces similaires sur ce monde, et comment opèrent-elles? Et pour ce qui est de ta polymorphose, comment l'accomplis-tu? Réponds à ces questions en toute honnêteté et en détails les plus claires, et tu verras ma bonne humeur s'améliorer. Je suis, comme qui dirait, fasciné...
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Dolf Polim le Jeu 24 Mar - 19:59

"Stryfe" (qu'est-ce que ça sonnait... Sforne...) avait scruté tous ses gestes, cherché ne serait-ce qu'un idiome qui aurait trahit sa pensée. Anubis devait reconnaître que c'était un professionnel, qui ne jurait pas que par les auras. Pourtant, c'était un mercenaire qui n'avait pas l'expérience des grands discours: car il y en avait, des mots à relever dans les grands dires de Mondieu Monsieur! Des tournures de phrases plus provocantes qu'énigmatiques, mais c'est le lot de tout cynique. Mais, curieusement, il avait déblatéré sur sa vie sans que ce ne soit remarqué.

Ah? - Nouvelles questions. Et bien plus: il en était inondé. La curiosité de ce Stryfe avait été piquée. Et ça gonflait du même coup l'orgueil déjà imposant de Anubis. Prions pour ses chevilles ne déchirent pas ses chaussures!

- Je vois que tu es intéressé. J'ai presque peur de trop en dévoiler sur mon jeu.

Il soupira. C'était vrai. Il devrait être prudent.

- Bien, bien, bien... les mentalistes, donc. Ils ne font rien de bien incroyable, juste quelques tours de prestidigitation. Avec les signeurs (ceux qui dansent), les traceurs (ceux qui dessinent) et les écouteurs (ceux qui font de la musique... je ne sais plus comment d'appellent ceux qui chantent), ils font les différents magiciens. Ils tirent leur pouvoir d'un objet ou d'un organe. Pour certains.

Il sourit. Pas pour lui, mais pour ses semblables. Il en avait vu si peu et il y avait si longtemps...

- Je pense que tu sais ce qu'est un dieu. Leur force, elle vient d'eux-même. Elle émane de leur âme. Je ne pensent pas qu'ils s'en rendent compte mais c'est... fascinant d'observer ça. Dommage que par les temps qui courent, on crache sur la magie. C'est si... waouh. Pourquoi... ?

Son visage s'assombrit. Il jeta un regard vaguement haineux à l'autre avant de se laisser regagner par son rôle. Il s'était contrefait un apaisement qui le poussais à sourire - bien que ce n'était que son rictus habituel: canin, acide, mauvais. Aussi contrefait que le reste.

- Où en étions-nous? Tu risquerais de t'ennuyer, je n'ai pas envie que ton humeur dégénaire. Hum... Ah, oui: ma cynémorphose. C'est un peu une seconde nature: je me concentre - sur moi plus mes vêtements de préférence - mes muscles, mon ossature, tout change. À mes débuts c'était douloureux. Très. Les lycans doivent ressentir les mêmes maux. Je les pleins. Ca fait un mal de chien.
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Stryfe le Jeu 24 Mar - 20:16

-Alors la... magie, elle est mal vue? demanda Stryfe.

C'était peut-être pour le meilleur. S'il y avait d'autres genres de gens avec des pouvoirs paranormaux, ils lui seraient des ennemis redoutables. Pourtant, il nourrissait un espoir secret de pouvoir avoir le plaisir d'affronter un mage...

-Et ta transformation te vient entièrement naturellement? Aucunes drogues, aucune stimulation des hormones? Aucune modification génétique? Bah! Oublie mon charabia... Mais, c'est... fascinant!

Il avait remarqué le discret regard haineux de Dolf, mais il n'y prêta pas attention. Il était bien trop interressé! Il aurait surement puisé durant des mois, voir des années pour recueillir ces informations au près des paysans locaux, et le voilà! Face a face avec un être qui pourrait répondre à toutes ses questions. Il prenait tout en note, son manque d'imagination ne lui permettant pas d'imaginer les carnages qu'il pourrait effectuer avec cette "magie" entre ses mains, alors il se dit plutôt qu'elle lui était surement impossible, voir inutile. Pour l'instant, il continua son interrogation. Rassuré que son nouveau compagnon s'était prouver bavard (et quel bavard! Et encore un qui aime user des gros mots! Comme quelqu'un qu'il connaissait...), il choisit de baisser légèrement son arme.

-Comme ça, il y a des dieux ici aussi? demanda Stryfe. Combien sont-ils? De quelles puissances disposent-ils? Explique moi en bons détails leur niveau de coordination, leurs structures sociales et militaires et de combien de suiveurs ils jouissent.

Finalement, il prît cette chance pour poser la question qui lui pendait aux lèvres depuis qu'il eut rencontré Dolf.

-Tu disait être déchu. dit Stryfe. Étais-tu un dieu?
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Message  Dolf Polim le Dim 3 Avr - 18:34

Certes, certes. La magie est dépréciée. Fort dépréciée. Oh, pas partout, et certains territoires sont assez... ambigus en la matière, mais en général, il faut faire attention. Comme en matière de religion: on ne sait jamais qui l'on va déranger. Les deux ont un lien, d'ailleurs, mais de bien peu d'intérêt – bien que cela puisse te concerner. Je résumerai donc par: nous sommes sur une frontière.

Calme, il conserva encore un temps son rictus de conteur. Il se sentait écouté. Comme dans son amphithéâtre. Tout le monde fait silence quand vient le Juge, l'Impartial, le Juste. Tout le monde fait silence et écoute. Les plus endormis se redressent sur leurs sièges, malgré la chaleur sèche et la journée longue. C'avait été le tapis rouge auquel il avait eu droit. C'était ce qu'il regrettait le plus de sa terre. Ici, il avait plus été mortel que dieu. Plus encore chien que homme. Il avait du se cacher. Et s'humilier.

L'autre homme continuait de s'interroger. Mais ça devenait plus technique. Les vrais questions venaient. Ca ne sentait pas bon. Pas du tout. Dolf se renversa sur son appui, toujours paisible.

Ca va. Je comprend encore ces mots-là. Et je te dis: oui, c'est naturel. Peut-être génétique, mais je suis né avec. Enfin, je crois – ça remonte à loin. Quand on a l'habitude, on ne trouve plus ça si... fascinant. Juste nécessaire. Ou pratique, au mieux. Mais pas fascinant.

L'embouchure noire comme le maïs qu'il avait grillé il y avait déjà deux semaines s'abaissa enfin. Stryfe était en confiance. Bravo, Anubis: diplomate et prudent. On ne change les bonnes habitudes. Mais ça voulait dire que le moment craint arrivait. Une tension le traversa. Il s'humecta les lèvres, se redressa. Paré. Ses jambes se balancèrent comme celles d'un petiot sur une chaise trop haute. Tout ça s'effaça aussitôt:

Ha! Haha! Je le savais. ''Ici aussi'', oui... Oui, ''ici aussi'' il y a des dieux.

Les yeux encore ronds de surprise, son sourire aurait pu fendre son visage jusqu'à ses oreilles. Puis, soudain songeur, il se passa une main sur le visage. Il n'avait pas de réponse à sa pénultième interrogation. Heureusement pour notre déchu, elle précédait LA question. On l'aidait à sa tactique. Joli. Il ne put se retenir de rire dans un véritable aboiement.

Ce n'est rien. Tss. Tu ne m'aides pas. Des dieux? Il pourrait y en avoir autant qu'il y a de choses. Plein ont été descendu pendant la guerre – maladie, Poignard (ce charmant objet a disparu) ou bien autre dieu. Très sanglant. Mais... il haussa les épaules avant d'achever: franchement, j'en sais rien. J'ai jamais vu le Monde Céleste. Il faut croire que le Monde Inaccessible est bel et bien... inaccessible. Même ouvert, j'en ai pas eu envie. Trop haut. Et détruit. Ce n'est pas tellement ce qui encourage le tourisme.

Il se leva et ouvrit les bras, comme pour se présenter à une foule de fans invisibles.

Je n'ai rien d'un Céosus ou d'un Ninsei, mais je dois avouer que physiquement... je suis plutôt divin~

Amen.

Il éludait sans mentir, tout en légerté. Ca frisait le ridicule. Voire la farce: il se vendait, empochait l'argent, et se conservait dans le rayon. Et le client repartait satisfait de ce rien du tout, convaincu d'avoir fait affaire.
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Stryfe le Mer 6 Avr - 22:10

Stryfe écoutait répondre Dolf et il ne doutait pas durant une seconde que le fusil hors de son visage depuis seulement quelques secondes, celui-là était déjà reparti à mentir. C'était son genre, il semblait, mais il ne devait pas se douter que Stryfe avait l'habitude des hypocrites.

D'ailleurs, l'immortel ne pût s'empêcher de rire à la manière dont les menteurs ont tendance à laisser entrevoir la vérité sans le vouloir. Avec l'information que Dolf lui donnait, Stryfe avait déjà réussi à déceler deux détails des plus importants (en fait, les seuls qui lui importaient compte donné de la situation) dans son petit discours embelli à la politico. Premièrement, les dieux de ce monde n'ont pas accès aux mêmes moyens, ni aux mêmes technologies dont disposaient Stryfe et ses congénères, mais ils sont nés avec des capacités qui dépassaient néanmoins l'entendement humain, donc le titre de dieu. Deuxièmement, peu importe leur puissance, ces dieux étaient d'une manière ou d'une autre déconnecté de ce monde (étaient-ils sur une autre planète? Une station orbitale? Une dimension parallèle? Tout compte fait, peu importe), voulant dire qu'ils ne serait pas nécessaire pour Stryfe de se préparer à leur intervention. Cette révélation lui mit un sourire aux lèvres.

Finalement, Stryfe en avait appris suffisemment au sujet de ce monde, dont le peuple était doté de pouvoirs surnaturels et dont les dieux étaient nés et non créés. Il se sentait prêt à se lancer à l'attaque. Il devait maintenant prendre une décision importante, une décision qui affecterait sûrement le cours de sa conquête s'il la prenait à la légère. Il aurait voulu apprendre à mieux connaître Dolf avant de lui proposer son projet, mais évasif comme il était ça ne servirait à rien. D'ailleurs, pouvait-il lui faire confiance? Il lui avait visiblement menti à plusieur reprises... Pourtant, son choix de guide était limité et il ne pouvait pas espérer pour mieux. Il repassait la question dans sa tête mille et une fois avant de finalement en venir à sa décision. Il portait son sourire le plus tranchant, un sourire qui aurait pût appartenir au diable lui-même.

-Ça doit être emmerdant s'accabler sur son sort. "Déchu"? Et puis? disait Stryfe. Dis-moi, Dolf: n'as-tu pas envi d'y foutre un peu de bordel en ce monde? N'aurais-tu pas envie de t'amuser un peu avec ce foutier? Que dirais-tu donc de te joindre à moi?
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Dolf Polim le Mer 13 Avr - 22:22

L'autre s'était rasséréné.
Anubis en avait coupé net son mouvement. Alors malgré ses chemins détournés, malgré ses marches arrières, malgré... tout, donc, ce type avait décidé de fonctionner par mots clés. Et il avait obtenu ce qu'il voulait. Il ne cacha pas sa surprise, mais son intérêt et son appréhension quand il le détailla d'un air blasé – se demandant si c'était lui qui qui avait perdu la main ou si l'étranger avait finalement trouvé "le truc" pour retourner ses propres armes contre lui.

Oui, lui. Lui qui listait alors ses quelques plus grandes réussites en esprit. Lui qui menait son monde par le bout du nez. Mais lui, aussi, dont on avait déjà découvert et craint le danger – plus qu'on avait su apprécier ses bienfaits. Et dans son dos, il sentit un D gravé au fer rouge le démanger. Déchu. Il n'avait pas su rester assez discret. Voilà que, des siècles plus tard, il le reprenait la main dans le sac, ce bon dieu de l'ombre; ce petit gugusse qui tournait en bourrique ses Sieurs et ses Dames; cette espèce de joyeux pantin qui se croit sauvé parce qu'il n'a pas de visage; ce petit être trouillard caché dans un coin sombre qu'il devait faire.
Et ça, ce Stryfe l'avait vu.
Sourire pointu. Comme une arme. Comme pour se défendre. Défendre une idée? Une arme pour tuer. Tuer l'hésitation. Advienne que pourra. Un joli dicton qui collait à la peau l'un de l'autre.
Comme un enfant qui réfléchit, il inclina sa tête de côté. Croisa les bras.

Tout de suite, les grands mots... commença-t-il.

Les grands mots qu'il avait lui-même introduit. Ne mine pas ton jardin si tu compte y faire pousser des fleurs.
Il soupira, commença à se fondre dans cette part de lui-même qui hurlait vengeance (part de lui-même soigneusement assommée tous les matins à grands coups de son programme, de chasse ou d'aiguille) et subissait les tourments de ses nuits sans sommeil, de son train-train d'ascète (auquel on s'habitue assez vite si toutes ses connaissances ont le soudain désir d'arracher les yeux de leur prochain la nuit tombée) qui traînait sa patte sur une éternité de temps à perdre. Cette part qui voulait tout, qui se souvenait du pouvoir comme une bouche sèche se souvient d'une oasis. Un frisson d'envie propagea l'idée à son corps. Il n'y cédait qu'un peu chaque jour – mais à quoi sont bonnes les demi-mesures? Plus à des demi-dieux qu'à feus des dieux bien complets!

Si ce n'était que le bordel, cher... Stryfe. J'y arriverai bien seul.

Rire jaune et jambes croisées sur une machine basse un peu plus loin. Le bordel? Il y contribuait un peu chaque jour, sans que ce ne soit remarquable dans celui qui vivait, grossissait sur le dos de ceux là-haut. Son ressenti fort contrasté hésitait entre huile et eau. Un instant, il glissa au dehors un regard perdu, comme le mioche quêtant un regard depuis l'autorité paternelle. Un quart de seconde. Avait-il seulement le choix? L'approbation ne vint pas. Ce temps, comme un cillement, avait pris fin.

Mais j'attends mieux qu'une porte pour faire mon retour. Et quelqu'un qui arrache les toits pour entrer me suffit. Amplement.

Il souriait alors. Carnassier.
Le contrat était signé.
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Re: Un visiteur perturbant

Message  Stryfe le Dim 24 Avr - 20:26

Stryfe retourna le sourire. Un sourire plus poussé, cette fois, un sourire plus dément. il laissa même s'échaper un rire, lent, retentissant, croassant... fou.

-Fantastique! Fantastique! La guerre, Dolf! je la vois venir! dit-il. Et c'est absolument merveilleux!

Il se reprit, peu à peu. Il ne devait pas se devancer, même si l'idée du conflit à venir l'excitait sans fin. l devait premièrement expliquer son plan à son nouvel allier.

-Mes intentions sont simples, Dolf. Très simples. dit-il. Vois-tu, je viens d'un monde lointain, comme tu l'as sûrement deviné. Un monde parfait, dépourvu de conflit, où les émotions ont fait place à la logique, où la technologie et la sagesse ont systématiquement annéanties la barabrerie. Surtout, c'était un monde emmerdant. Moi aussi, j'ai été déchu. On m'a déchu parce qu'un monde si parfait et paisible n'avait plus besoin d'un dieu du combat. Ils avaient raison... J'en avait marre de ce monde. Ici, à des années lumières de l'Empire Élysien, j'ai l'intention de reprendre les choses à zéro. Ce monde déborde de tensions et de violence. Je le sens... je le sens dans mes tripes et dans mon esprit... Les graines de la guerre sont déjà semées, et j'ai bien l'intention de les fermenter. Ici, sur ce monde lointain, je mènerai ma propre guerre... et elle sera glorieuse!
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