La première bataille

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La première bataille

Message  Stryfe le Ven 24 Fév - 2:49

Perché sur une côte bien cachée par des rochers, Stryfe observait la grande montagne, Tartarus et les plaines qui entouraient le mont en utilisant le scope de sa carabine. Il devait être onze heures du soir, mais le pic ouvert du mont continuait d'illuminer le ciel d'une lueur rouge meurtrière. De nombreuses rivières de lave coulaient de la montagne, laissant savoir à tout désireux que ce volcan était encore bien actif, mais Dolf avait eu la gracieuseté de les indiquer sur la carte que Stryfe avait exigée faite. Les plaines étaient à découvert, des masses de terres noires et inhospitalières où aucune vie saine ne pouvait prospérer, mais ça, Stryfe ne s'en inquiétait pas; il avait bien estimé les distances entre les côtes et le fort à la base de Tartarus, et s'il ne s'était pas trompé en mesurant la vitesse des lycans, on ne devait pas avoir le temps de réagir à leur assaut.

-Sommes-nous prêts? demanda le lycan à ses côtés.

-Patience, Grahf. Patience. lui répondit le déchu. La nuit est notre amie ici, et elle est encore si jeune...

Grahf, le seul à l'avoir accompagné sur la côte, devenait nerveux. Compréhensible; Stryfe leurs avait imposé un entraînement plutôt stricte, alors ils étaient prêts, mais c'était leur premier combat, et eux n'avaient pas encore eu la chance de tester leurs nouvelles limites.


Cela faisait maintenant plusieurs nuits que Stryfe avait atterri sur les terres de Févlia, et bien des choses avaient changées depuis. Dolf l'avait guidé à son repaire à lui et ses lycans. C'était une grande caverne, profonde et ancienne, dont les crevasses laissaient entrer quelques maigres jets de lumière. Ils étaient attendus: Stryfe aurait deviné que tous les lycans avaient répondu à l'appel, et ils le fixaient tous avec plus qu'un brin de soupçon. Après quelques salutations brèves de la part de ses acolytes, Dolf mena Stryfe à une grande salle, clairement le lieu de leurs plus grandes rencontres. Il y avait plusieurs plateformes concentriques entourant la salle, permettant aux lycans de s’installer sur plusieurs niveaux, et un grand trou dans le plafond laissa entrer un puit de lumière. Lorsque la salle fut pleine, d’en bas jusqu’en haut, Dolf et Stryfe prirent leur place au centre de cet agora. En bonne et due forme, Dolf avait introduit Stryfe à sa propre manière ; tout comme le Guerroyeur s’y attendait, son discours était bien élaboré, mais ne laissait rien entendre de plus que des vagueries. Bien sure, les lycans n’étaient pas satisfaits de ce nouveau venu qui voulait chambouler leur « ordre », et certains étaient plus vocaux que d’autres. Stryfe les ignoraient pour la plupart, et se donnait la peine de lancer des regards désapprobateurs à ceux qui réussissaient à l’insulter. « D’où viens-tu ? », « De quel droit ? », « Que nous veux-tu ? » ; aucune de ces questions ne valaient la peine d’être répondu, et Dolf, tentait de détourner les questions de son mieux, mais il perdait le contrôle. C’est lorsque les loups commençaient à s’exciter que Stryfe dit la première chose depuis son arriver.

-Ça sent la fiente.

Les lycans s’arrêtèrent. Plusieurs avaient de la difficulté à croire qu’un étranger avait osé les insulter dans leur tanière, et d’autres étaient laissés perplexes par ce commentaire.

-Quoi ? un jeune lycan avait-il demandé. Qu’est-ce tu viens de dire là ?

-J’ai dit que votre trou sentait comme un rectum mal torché. répéta Stryfe, pas d’un air arrogant, mais entièrement factuel. Dites-moi, combien de gens, pensez-vous, ont chié dans cette toilette avant que vous vous y cachiez ?

L’assemblée entière le fixait maintenant, sous le choc de la rage. Il les avaient tous insultés, les avaient provoqués. Mais plus qu’autre chose, ils étaient blessés parce qu’il avait entièrement raison : ils se cachaient dans un trou. Le même jeune, plus véhément que les autres, le fixait d’une haine intense alors qu’il grinçait des dents. Son nom était Pollux et c’était un des garnements les plus violents que les lycans osaient héberger.

-Ravale ton commentaire, chaire ! grogna-t-il.

Stryfe se tourna vers lui, d’un air glaciale, et pila dans une flaque par accident. Il regarda sa botte mouillée d’un air agacé et renifla l’air.

-…Y a des flaques de pisse partout, en plus… grommela-t-il.

-Enfoiré ! crièrent plusieurs des loups.

Il releva la tête et les regarda d’un sourire amusé, mais pourtant si vide.

-Pourtant, Dolf m’avait dit que les lycans étaient les plus grands prédateurs de ces terres, des vraies machines à tuer. dit-il. Je suis déçu de voir que vous n’êtes en faites que des cabots battus, se cachant de leurs maîtres.

-Quoi ?! lâcha un des jeunes.

-Oui, c’est cela : des cabots battus. rajouta Stryfe cruellement. Vous êtes tous soumis à la peur des méchants humains qui vous persécutent. N’est-ce donc pas la vérité ?

-Proie ! Tu ne sais pas de quoi tu parles ! cracha Pollux. Ouvres ta bouche une autre fois voir ! Je te montrerai la force d’un lycan !

Son défi fut accompagné par des cris d’encouragements, mais Stryfe ne fut nullement impressionné. Il ne fit que sourire.

-Essai donc. dit Stryfe, de son tout sérieux.

Avec un cri de rage, le lycan sauta de sa perche et commença à se métamorphoser avant même son atterrissage. Ses os se disloquèrent, se rallongèrent et se replacèrent avec des sons grotesques de craquement humides. Ses muscles se décontractèrent, grouillant d’une manière déconcertante autour de ses membres pour reprendre leurs places habituelles une fois changées. Son visage se mit à s’étirer peu après que ses dents se mirent à se changer en crocs et que ses yeux commencèrent à grossir. Tout au long de cette transformation, qui pourtant ne prit que dix secondes, ses poils corporels poussaient à une vitesse inquiétante avec un son qui rappelait un déchirement.

Son corps changé, l’esprit du jeune homme dû s’adapter. Il perdit tout sens de logique et de compassion. La pitié devint un obstacle pour ce prédateur, et son raisonnement n’avait que de place pour une distinction : celle entre la proie et la menace.

Atterri au sol, la bête pleinement transformée fixait Stryfe de ses grands yeux jaunes. Humain, il avait prit le déchu pour une proie. Mais Stryfe n’agissait pas comme une proie, et la bête de nouveau réveillée le savait. Il souriait. Un grand sourire fasciné, digne d’un enfant.

-Fantastique… ! souffla-t-il, trop bas pour qu’on l’entendent.

Cet humain, donc, retombait dans la catégorie des menaces, et les menaces devaient êtres neutralisées. La bête fonça donc tête baissée, s’attendant à se frotter à un humain normal.

Stryfe, lui, se préparait. Il n’avait jamais affronté un lycan dans le passé, mais des bêtes similaires, il en avait vu. Il en avait vu assez pour avoir une idée approximative de la puissance de cette créature, et il n’était pas inquiet. D’ailleurs, il avait encore le sourire au visage. Lorsque le loup s’approcha, il ouvrit grand la gueule, une gueule béante remplie de crocs acérés, plus comparables à ceux d’un requin qu’à ceux d’un vrai loup. Il tenta de refermer ses dents sur le déchu, mais Stryfe était terriblement rapide. Il prit chacune des mâchoires du monstre avec ses mains gantelées, riant comme Pollux tentait encore de le pousser et de lui fondre dessus, et d’un moindre effort, il déchira et arracha la mâchoire inférieure du lycan.

Ses hurlements retentissaient à travers la caverne et même au-delà, et ses confrères et sœurs durent le regarder fixement, incapables de détourner le regard vers cette horreur sanglante. Les hululements du lycan blessé s’affaiblirent à des pleurs, comme crier trop fort provoqua une douleur intolérablement tranchante. Il bavait le sang de sa mâchoire détruite et fixa Stryfe de toute sa haine et sa rage. Cependant, rage dû faire place à la peur ; le regard du déchu n’avait pas changé. Il n’avait pas bronché, pas bougé d’un cil. Il ne riait même plus.

-C’est tout ? dit-il d’un air déçu.

Non, ce n’était pas un humain normal. C’était un monstre qui se cachait sous une chaire humaine, qui portait un masque d’humain et qui s’habillait en humain pour mieux tromper autant les loups que les moutons. Un monstre. L’instinct animal toujours dominant, cependant, Pollux dû faire ce que la plupart des animaux font lorsqu’ils sont poussés dans un recoin par un tel être : il l’attaqua désespérément. Il se jeta dessus griffes premières.

D’un air plus distrait qu’autre chose, Stryfe balaya les griffes du lycan de sa main vide, et un autre cri de souffrance se fit entendre de Pollux. De ce simple mouvement de la paume de sa main, Stryfe avait démoli les mains du lycan. Plusieurs des griffes s’étaient arrachées, les doigts étaient tordus, brisés carrément, et les mains ainsi que les poignets étaient fracturés à plusieurs dizaines d’endroits différents.

Le lycan tomba à ses genoux, incapable de tolérer la douleur qui lui lacérait les mains, mais tout au long ses congénères le regardaient. Certains étaient choqués par cette scène gratuitement violente, certains pleuraient. D’autres riaient, plus cruels que les autres, et d’autres encore étaient fascinés. Certains vouèrent leur haine à Stryfe et se promirent de le démembrer si jamais il montrait signe de faiblesse, tandis que d’autres reconnaissaient déjà sa force et lui voueraient leur loyauté inconditionnelle. Mais peu importe ce qui leur passait par la tête, ils ne firent que regarder. Tous sauf une.

-C’est assez ! cria-t-elle d’un ton suppliant.

C’était une jeune femme lycan, au teint foncé et aux yeux jaunes fauves. Stryfe ne lui épargna qu’un bref coup d’œil avant d’en finir.

-Soit. répliqua-t-il.

Et d’un mouvement sec, rapide, mais précis, sa main se posa sur le scalp de Pollux. Un son aigu, mécanique, fut suivi de l’aplatissement du crâne du loup, et sa cervelle coulait de ses oreilles déformées. Le corps, mort mais encore gigotant, s’effondra à terre et fut suivi de plusieurs exclamations, aussi variées que les pensés qui traversèrent les esprits des lycans, témoins de la souffrance d’un jeune loup trop arrogant pour son propre bien.

-Silence ! cria Stryfe.

Ils se turent. Tous. Chacun. Pas un seul n’osait défier la parole du Guerroyeur. Sans le savoir, ils étaient déjà sous son sort.

-Eh oui, je l’ai tué. Je l’ai charcuté, je l’ai massacré, je l’ai torturé, et quoi de plus, je l’ai écervelé ! Et puis ? lança Stryfe. ET PUIS ALORS ?! Votre « pitié », votre « dignité » ? Qui vous les a apprises ? Qui vous les a insufflées de force jusqu’à vous en rendre malade ?

Ils l’écoutèrent, attentifs, prêts à tout avaler parce qu’il les forceraient. Il les ferait écouter. Ils étaient sous le sort de la peur.

-Ce sont les humains. dit Stryfe, d’un petit sourire malicieux. Les mêmes humains qui vous ont pourchassés de chez vous. Les mêmes qui, selon les dires, vous brûlent au bûcher et vous pendent pour leur bon plaisir. Les mêmes qui vous voudraient faibles et soumis, tout comme eux, et qui vous voudraient hésitants devant eux. Ils s’attendent à ce que vous regardiez une menace en plein visage pour y voir un ami. Voyez, ce jeune lycan qui à osé lever la patte contre moi ! Voyez le bien ! ce jeune connard qui se pensait plus fort que moi et tout permis en conséquent ! Aurai-je dû le pardonner et l’épargner ? Aurai-je dû prendre ma queue entre mes jambes et le fuir ? NON ! Je suis plus fort que lui ! Il a fait l’erreur de s’attaquer à moi ! Je l’ai écrasé !

Il prêchait à l’église. C’est bien ce qu’on disait du déchu sur Élysium durant l’Age Noire ; il savait s’attaquer aux peurs et aux insécurités du peuple, savait éveiller leur rage, et il savait faire du plus timide paysan un tueur sans merci. Il entonnait, il énonçait, il articulait lorsqu’il voulait qu’on le comprenne bien. Il cherchait à convertir, et il réussissait. Les lycans l’écoutaient tous, chacun, même ceux qui lui jureraient vengeance aussitôt son dos tourné, comme si le Dieu de la Guerre avait besoin d’yeux pour les entendre comploter, lui vouèrent toute leur attention. Il les convertirait. Il les convertirait tous à la violence.

-Pourquoi, donc, vous cachez vous des humains alors que vous êtes plus forts ? Pourquoi les pardonnez vous ? demandait le déchu. Vous attendez-vous à un pardon ? À les convaincre de votre bonté ? Vous êtes des prédateurs ! Eux la proie ! Ils ont peur ! Et pourquoi pas ? Ils ont raison. Alors, pourquoi n’assumeriez-vous pas votre place sur ce monde ?

-Il a raison ! cria un des lycans, celui-là un homme plus âgé, mais robuste. Il a raison !

Plusieurs d’autres cris d’approbation le suivirent, certains encore plus enthousiastes que d’autres. Tous le clamèrent maintenant.

-Je vous propose ceci : suivez moi ! Suivez-moi, et je bâtirai un empire digne des plus forts ! Digne des prédateurs ! proclama Stryfe de son sourire machiavélique accompagnant ses paroles de gestes forts, puissants, mettant l’accent sur chaque parole, chaque syllabe. Je propose ceci : mangez ! Tuez ! Détruisez ! Pillez ! Écrasez les humains ! Nous tuerons ceux qui s’y opposent, et les autres auront leur place au dessous. La pitié ? Laissez la aux humains . Vous la leurs avez voué assez longtemps ! La compassion ? Qu’ils la gardent s’ils se sentent plus forts ! On n’en a pas besoin ! Ils vous ont traités de monstres, d’horreurs, de tueurs ! Montrez leurs comment ils avaient raison d’avoir peur !

Ils crièrent. Ils chantèrent. Ils proclamèrent leur grandeur. Pendant trop longtemps ils avaient été traités comme du gibier. Maintenant, ils se révolteraient. Stryfe les en avait convaincu. Il avait converti l’église complète. Ils descendirent de leurs perches et vinrent le voir, témoigner de cet humain qui avait réanimé leur rage, leur haine. Ils vinrent serrer la main du diable qui avait scellé leur destin avec quelques belles paroles et un meurtre. Ensembles, ils fêtèrent, ils célébrèrent, ils burent, et pour leur faire plaisir, Stryfe buvait avec eux et il souriait avec eux. Ils avaient tous oubliés le cadavre du jeune Pollux, et à la fin, lorsqu’on lui montra où il dormirait, il emmena le cadavre avec lui. Il aurait besoin d’un nouveau manteau, question de mieux se fondre dans le groupe.



Le jour juste après son arrivé, Stryfe s’était mis au travail. Il avait exigé de Dolf une carte de la région immédiate, détaillée et exacte, sans erreur, et pour se faire, le shaman avait envoyé un de ses meilleurs éclaireurs. Durant ce temps, le déchu recruta de l’aide pour déménager son équipement de son vaisseau à la caverne (il aurait bien pu le faire décoller et le téléguider jusqu’à la caverne, mais il sentait que le spectacle du décollage et de l’atterrissage d’une navette intergalactique serait trop pour les garous, et d’ailleurs, sa ruinerait très vite leur cachette). Le déménagement se fit en une semaine environ, après quoi, Stryfe prît quelques jours pour réinstaller ses machines et redémarrer la batterie qu’il avait prise de son vaisseau.

Ensuite, avec des nouvelles armes à feu a sa disposition (plusieurs petites mitraillettes pour les troupes en forme humaine ainsi que de l’artillerie lourde pour les troupes de choc), il entama son nouveau régime d’entraînement. Ils passèrent quelques semaines avec lui à apprendre des tactiques de combat de base, ainsi que le maniement de leurs nouvelles armes. Ils leurs avaient déjà appris plus tôt qui était le plus fort, alors cette leçon a pu être sautée ; déjà en lycans, les loups le reconnaissaient comme le mâle dominant, tout comme il l’avait prédit, et s’ils manquaient d’intelligence et de tact sous leur forme monstrueuse, ils étaient inconditionnellement loyaux et ils suivaient les ordres à la lettre même. Suivant les conseils de Dolf, Stryfe n’avait appris le maniement des armes lourdes exclusivement aux plus intelligents (selon l’autre déchu), ainsi qu’à quelques guerriers prometteurs que Stryfe avait sélectionné lui-même, se basant sur lesquels des loups gardaient leur fusil en main une fois transformés. Grahf était d’entre eux. Il leurs avaient fournis des armes lourdes pour prendre avantage de leur force supérieur en tant que lycans ; des canons mitrailleurs, des canons anti-tank, des bazookas… Cependant, il les avertit que leurs balles étaient limitées pour l’instant ; après tout, il avait déjà démantelé tout ce qu’il pouvait de son vaisseau, sans pour autant le rendre incapable de décollage, afin d’avoir les métaux nécessaires pour fournir tous le lycans.

Finalement, après un mois d’attente et d’entraînement rude (un ou deux lycans y avaient déjà laissés la vie en tentant la patience du Guerroyeur), l’éclaireur revint de son périple, et il avait tout fait pour plaire. La carte était à l’échelle. « Pas tout à fait exacte », dit-il, car il n’avait pas les instruments nécessaires pour prendre des mesures au mètre près. Cependant, la carte était irréprochable. Il y avait là tout les points d’eau, toutes les données topographiques et même des informations que Stryfe n’avait pas exigés : il y avait là les données géographiques des forts environnants, ainsi que des données sur les ressources existante ici et là. Stryfe aurait bien pu choisir ses conquêtes à l’aveuglette, se basant plutôt sur son bon sens, mais cette carte lui sauverait la tâche. Il la fureta pendant dix minutes avant de dire un seul mot, lorsque soudainement, son doigt tomba sur un point très précis sur la carte.

Au bord d’un mont en pleine fusion nommé Tartarus, il y avait un fort Neltéein. Un fort minier.

-Voilà notre première cible. dit-il. Et je sais déjà comment on va s’y prendre.


Sur sa perche, Stryfe ressassait le plan dans son esprit. Ils avaient campés tout proche durant presque quatre nuits, attendant cette nuit même. Et pourquoi donc ? Pour la pleine lune. Qu’importent les stimuli qui provoquaient habituellement la transformation d’un lycanthrope, la pleine lune avait un effet mystique sur eux et leurs transformations devenaient d’autant plus erratiques. Il comptait sur cela. Et comme il l’avait prédit, la lune était haute dans le ciel cette nuit. Une lune rousse. Une pleine lune. Il n’attendait que le signal des lycans sur les plaines. Ils étaient avec Dolf, et ils n’attendaient seulement que tous soient transformés pour charger.

Un cri perça le silence de la nuit. Le cri d’un loup. Le signal même que Stryfe attendait. Il les vit se mettre à courir à travers la plaine, une meute de loups-garous, tous bougeant en unisson, tous fixés sur un seul but : entrer dans le fort et tuer tous les humains qui y vivaient. C’était une vue magnifique qui fit presque monter les larmes aux yeux à Stryfe. Mais il avait sa part à faire. Il se coucha, ventre à terre, et arma sa carabine Vulcan. Il positionna la ceinture de balles de manière à ce qu’elle ne soit pas encombrée et visa le fort avec son scope. Ils avaient vus les lycans, et même s’ils étaient surpris, un officier, leur chef, vraisemblablement, était en train de les rallier. Stryfe ne pouvait pas permettre cela. il visait attentivement, patiemment, calculant toutes les variables possibles : la vitesse du vent, la gravité, le champ magnétique de la planète, tout. Lorsqu’il eu confirmé son tire, il tira la gâchette et regarda la balle pénétrer le crâne du soldat à travers son œil gauche pour ensuite exploser et projeter sa cervelle et son autre œil sur plusieurs soldats ébahis. Le déchu entendait leurs cris d’ici, et il eut un sourire satisfait en sachant qu’ils seraient encore en train de paniquer lorsque les lycans leurs tomberaient dessus.

Il rangea sa carabine dans son Pocket Space et se tourna vers Grahf.

-Il est temps. dit-il au lycan.

Grahf acquiesça d’un simple hochement de la tête et se transforma instantanément. Stryre l’avait choisi pour deux raisons. Premièrement, il y avait son obéissance sans faille, même en humain ; il était d’ailleurs le seul prêt à se laisser chevaucher par le déchu. La deuxième était son contrôle sur et durant sa transformation.

En loup, il se mit à quatre pattes et se baissa pour laisser monter son nouveau dieu. Celui-ci embarqua avec un grâce innée, sa nouvelle cape façonnée de la carcasse à Pollux prenant dans le vent, et ensembles, il foncèrent vers le carnage.
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Re: La première bataille

Message  Dolf Polim le Dim 22 Avr - 9:57

Plus loin dans les plaines, l'atmosphere etait etouffante. Les Loup et lui se surprenaient parfois a faire les cent pas, a marcher de long en large, s'impatienter que ce soit l'heure alors qu'ils l'avaient toujours repoussee. Mais s'il ne fallait pas croire non plus que l'atmosphere n'etait etouffante qu'au figure. Par exemple, il avait lu la surprise dans les yeux de ceux qui, d'une gourde a l'eau gelee, se retrouvaient a une gourde sans eau. La chaleur etait ecrasante, meme de son point de vue.… apres reflexion, si l'outre etait plutot de vin, une etrange reactionchimique ou physique faisait qu'entre les mains d'Anasthase elle s'evaporait plus vite. Deux a trois fois plus, pour etre exact. Les autres passaient leur enervement autrement: Nikolai triturait son arme presque aussi grosse que lui et murmurait encore et encore "un, un seul, un et bien dans la tete". Iseult regardait droit devant elle, dans le vide, lassee de parler a un mur quand elle questionnait Nikolai. Eeva, moins soucieuse, aiguisait ses armes jusqu'a les abimmer et repondait par un regard efarouche a tous ceux qui l'observaient. Dont Dariel,qui s'etait eloigne chaque fois de plusieurs metres jusqu'a ce qu'il se fut retrouve a l'autre bout de la troupe. Puis tant d'autres que le narrateur est essouffle rien qu'a penser vous les detailler un a un et a leur trouver un nom Eeva n'avait pas eu d'arme autre que les siennes. Parce que meme si sa morsure avait ete legere, elle s'abandonnait entierement a son sort (et qu'elle n'aurait pas attendu cette excuse pour vider toutes ses munitions sur Stryfe, devinait-il) La tension etait palpable et les rires nerveux. On pouvait deduire des regards qui s'evitaient que des avis avaient deja ete prononces et qu'aucun ne devait avoir le meme. L'entree de Stryfe s'etait apres tout faite en enfoncant les portes ouvertes. On pouvait comprendre ceux qui hesitaient a suivre un mouvement qui, en general, etait quand meme uniforme, debarrasse de ses quelques contestataires Suivre le groupe semblait plus important que tout pour certains. Plus que leur vie ou celle des autres, voir plus que leur dignite. Ce qui ne voulait pas dire que la contestation avait disparu Elle n'etait pas encore organisee, c'est tout. Oui : pas encore. Ca ne tarderait pas. Surtout que la majorite d'entre eux etaient a Syhiara a cause d'un esprit contestataire. ils auraient pu aller a Amsya apres tout Ils tenaient a ce peu de liberte auquel ils ont eu droit, et ils en etaient fiers. Ils aurient voulu le prouver le jour ou l'ennemi avait fait son entree au combien fracassante dans leur lieu de reunion. Ils l'avaient toise comme devant une proie, par instinct. Ca c'etait transforme en facination animale. Ils avaient voulu s'amuser ou avaient cru a une plaisanterie, mais le retournement de situation n'avait, en fin de compte, rien eu de plaisant. Lui ? il etait reste dans son coin, a observer. Plus d'un demi siecle passe avec cette troupe et il n'etait toujour pas capable de faire les presentations avec un dieu extraterrestre qui au lieu d'essayer de leur manger les entrailles prefererait les user jusqu'a la corde pour assouvir ses pulsions de mort C'etait bizn le cliche qu'il depreciait le plus. Il n'osait meme pas imaginer la quantite de travail que ca lui ferait quand il reprendrait du service. S'il en reprenait. Les plus jeunes et les rares humains(des utopistes, des excentriques et des mercantiles, ou des deranges, pour resummer) qui leur apportaient leur aide n'avaient assiste a la desarticulation et au meurtre pour l'exemple de Pollux. Le petit "Kolya" qui avait fait le plan du continent malgré quelques réticences, par exemple, ou le toubib qui l'avait vu interroger Eeva (a sa facon) sur ce qu'elle avait bien pu voir. Il avait du lui remboiter et guerir ses phalanges une a une et lui meme. Elle semblait oublier ce dernier point d'ailleurs. Il se demandait s'il aurait la bonte de lui reparer les membres la prochaine fois que ca lui arriverait C'etait la premiere a subir les effets de la lune, et elle les subit avant meme que les dernieres lueurs du couchant se furent eteintes. C'etait toujours aussi surprenant, cette façon quelle avait de ranger ses armes ou de s'en equiper avec un soudain calme. Elle etait meticuleuse, ce qui ne lui ressemblait pas. Et tout a coup, la tension revenait. Apres ça, la transformation etait classique, c'etait la meme pour tous avec plus ou moins d'etapes. Des os et des muscles changeaient de place avec un croquement, s'allongeaient. Il choisit de suivre le mouvement avant que la fourrure ne leur vint. Il preferait eviter les coups de dents– leur efficacite sur lui restait improuvee, mais il n'avait pas l'intention de tester. Un cri. La chasse etait ouverte. Ils avalaient la distance qui les separaient de Tartarus avec la force des buffles et la vitesse des plus grands felins. Le fort se raprochait. Une vie avait ete prise deja. Un malchanceux qui les avait reperes. C'est ce qu'il pensait : un ange gardien pas terrible mais efficace devait veiller sur leur avancee. Si bien d'ailleurs que quand ils arriverent tout le fort etait sans dessus dessous et pres d'une dizaine de soldats tomberent comme des mouches, simplement renverses par les lycans. Ceux encore debout furent la cible des balles. Lui ? Il profita de sa position en premiere ligne pour bien s'applatir a chaque salve et eviter une maladresse si vite arrivee Passer aussi vite qu'il le faisait d'une apparence humaine a son apparence canine lui demandait un niveau de concentration impardonnable. Il se battait a l'instinct, sans pouvoir reflechir a qui il s'attaquait et surtout comment. Le fer des lames avait du mal a suivre ces transformations repetees. Ce n'etait pas comme le tissus ou n'importe quelle matiere organique : le mineral ne pouvait pas rester longtemps lie au chien. Il devait attaquer vite Ne pas rater sa cible. S'il ne l'avait pas du premier coup, il etait a sa merci. Tout dependait de la reactivite de ses alliers. Ce qui impliquait qu'il s'epuisait vite malgre le nombre croissant de cadavres a moitie grignotes ici et la. Il n'avait pas le temps de s'en servir. Il n'eut pas non plus le temps de voir un soldat qui s'etait approché. L'effet fut plus ou moins le meme que si on l'avait jete dans un lac gele. Sa reponse fut immediate, mais l'instant que son alfange droite s'enfoncait dansl'abdomen du Neltain il vit a son regard que lui non plus ne l'avait pas vu venir. L'arme le traversait deja quand il appuya sur la gachette de son fusil et loupa le Sihyarain de plusieurs metres Et celui-ci s'apecu vite qu'il faut etre un peut abruti pour enfoncer une arme de type cimeterre d'estoc et jusqu'a la garde, parce que c'est nettement moins pratique de la recuperer apres. Il laissa tomber, roula jusqu'a ce qui lui parut etre la zone la moins exposee : derriere une table qu'un des siens tenait comme un bouclier pour descendre des Neltains comme des lapins. Il encombrait aussi un passage. Pour l'instant, c'etait plutot par la que les soldats voulaient fuir, mais des renforts pouvaient aussi en venir. La position defensive du lasser le lycan puisqu'il se jeta dans la foule comme un belier. Il fut arrete par un ennemi en exosquelette dont le poing traversa la table, preuve que Dolf n'etait pas le seul a avoir le cerveau un peu ralenti. Il etait maintenant incapable de se degager, et tous purent constater grace a lui que l'armement fournit par Stryfe pouvait arracher un bout plus ou moins consequent de Neltain meme en exosquelette.
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Re: La première bataille

Message  Stryfe le Lun 7 Mai - 5:59

Même en chemin vers le fort, Stryfe constatait le chaos. Des soldats par dizaines se sauvaient du fort, et malgré son besoin pour des survivants, Stryfe n'avait pas l'intention de tous les laisser s'échapper. Guidant Grahf verbalement autant que manuellement, il le fit foncer vers des survivants au hasard et lui les faucha en chemin avec son sabre. Il devait en avoir tué au moins la moitié, et l'autre, il avait besoin qu'ils se sentent chanceux et qu'ils répandent la peur du dieu.

En entrant dans le fort, un groupe de lycans faillit s'en prendre à Stryfe, mais son regard et son pure magnétisme animal lui suffirent pour les calmer. Il laissa donc Grahf avec eux pour les coordonner. Ensuite, il s'en alla rejoindre Dolf. Il voulait savoir comment progressait son armée.
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Re: La première bataille

Message  Dolf Polim le Dim 13 Mai - 19:52

Le lycan retourna la table pour la dégager du poids mort qui luttait encore pour vivre. I retomba sur le sol, un peu plus loin. Il laissa une traînée de sang là où il était passé. L'odeur de la chair fraîche excita les loups les plus sensibles. Distraits, ils commençaient à s'éloigner des issues. Encore un peu et ils finiraient par se battre entre-eux pour savoir qui serait le premier à avoir sa part. Ca allait chauffer. Ca allait chauffer. Il s'apprêtait à es ramener à l'ordre quand la simple arrivée de les ramener à l'ordre quand la simple arrivée de Stryfe suffit à les tenir en respect.
Dolf baissa son arme, jeta un œil à l'étage supérieur. La tension venant de la défense du fort s'était un peu relâchée, les soldats qu combattaient encore était condamnés. De ce qu'il arrivait à percevoir dans la crasse d'une centaine auras qui bataillent, il y avait de l'agitation là- haut. Les réponses se faisaient attendre. Les fuyards avaient du encombrer le passage des renforts pour les retarder autant.
Stryfe s'était débarrassé de son fidèle collabo lècheur de pompes pour s'approcher. Bien sur même s'il était tenté de le faire mariner et d'attendre qu'il lui demandât clairement ce qui l'amenait, Anubis voyait bien que ce n'était pas le moment de traînasser. Il lui désigna les escaliers et les rembardes d'un mouvement de tête.

Deux issues principales en bas, deux en haut. Le temps qu'ils s'y ramènent, je pourrais me payer des vacances. On pourrait occuper l'étage au pas que ça ne m'étonnerait pas. Après, les couloirs sont trop étroits pour laisser passer plus de trois soldats à la fois. Ils se feront abattre à la queue-leu-leu. Blessés comptant, j'estime les pertes actuelles à 3 contre bien une vingtaine.

Un corps s'écrasa à proximité, apparemment jeté du premier

21, pardon. Si on s'étale assez vite là-haut, ça devrait mieux se passer.

ENCORE mieux faisait plus correct. Cette attaque surprise était un assez bon succès pour que ça en devînt presque…
Amusant

Si on veut bien m'excuser…

Lui aussi avait envie de prendre sa part à la fête
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Re: La première bataille

Message  Stryfe le Jeu 14 Juin - 20:07

L'attaque avait été un succès. Non, ce n'était pas tout à fait juste... Le mot succès sonnait trop doux, trop modeste dans l'esprit du déchu. Quel était le mot qu'il cherché pour décrire ce massacre unilatéral? Bah! Qu'importe. Ils avaient gagnés, c'était ça l'essentiel. Et maintenant, il était temps de sécurisé le lot des gagnants. Les lycans étaient simples à satisfaires, il semblait: le buffet sanglant, bordant délicieusement sur le canibalisme, ainsi que la simple chance d'exercer leurs instincts violents sans avoir peur du jugement d'autrui leurs suffisaient pour l'instant, même s'ils exigeraient sûrement des récompenses plus temporelles plus tards. Stryfe, cependant, avait quant à lui une récompense bien plus signifiante à collecter. Il roda à l'intérieur du fort, cherchant le passage qu'il convoitait et après peu de résistance et quelques minutes de recherche, il le trouva: un tunnel, qui dégageait une chaleur immonde et une terrible odeur de souffre. Il sorti de son pocket space un respirateur, un genre de petit cône en matière semi-perméable qui, une fois introduit dans sa bouche et bien placé dans sa gorge, purifierait l'air qu'il respirait. Ensuite, il s'engagea dans le tunnel, laissant Dolf aux commandes de sa nouvelle armée.

Le tunnel lui même était sombre, illuminé ici et là par des veines de crysteaux dans lesquelles coulaient parfois du magma. Ç'aurait été pour l'Élysien une vue fabuleuse, si ce n'était qu'il portait bien plus d'attention à son chemin et à la chaleur insupportable du souterrain. Au début, il n'y avait qu'un tunnel, long et tortueux, parfois même claustrophobiquement étroit, mais aussitôt que le chemin se fourcha pour la première fois, il ne s'arrêta pas. Bientôt, Stryfe dut constater qu'il avait pénétré dans un labyrinthe ou il n'aurait pas été le premier à y perdre son orientation et sa vie, mais le guerroyeur était rusé, trop rusé; ce n'était pas une série de tunnels labyrinthiques qui l'emporterait sur lui. Il échappait sur son chemin des petites lampes phosphorescentes chimiques qu'il avait confectionnées durant son séjour chez les lycans, question de marquer son chemin. Éventuellement, l'obscurité le lassa et il retira de sa poche un petite lampe de poche éléctrique. Il se doutait que la battérie risquait de lui échouer tôt, mais un peu de lumière, même momentanément, lui fit un peu de bien. Bientôt, ses efforts lui donnèrent fruit; il aperçu du recoin de sa vision un mouvement, brusque, apeuré peut-être.

Très peu de gens savaient ce que Stryfe avait vraiment en tête lorsqu'il avait proposé d'aller dominer, comme première conquête sur cette planète, une mine. Les gens dignes de confiance (plus et moins), Dolf (dont la curiosité le provoquerait éventuellement à suivre le déchu) et Grahf entre autre, étaient au courant, et le reste assumaient que Stryfe voulait des resources, ce qu'ils se contentaient de trouver étrange vu le nombre limite de lycans capables de profiter des armements avancés d'Élysium. Ces derniers avaient raison... En partie, du moins. Les resources lui serviraient, oui, mais seulement parce qu'il y avait dans ces mines bien plus que des minerais. Les resources n'étaient donc qu'un priorité secondaire. Il y avait aussi une priorité primaire et un but tertiaire.

Le but tertiaire, bien sûre, était le message. Il devait envoyer un message de peur. Mais le but primaire, il l'avait devant les yeux, à seulement quelques pas. Il approcha le tournant où la forme mouvante avait disparue, et en tournant le coin, il vît deux yeux incandescants le fixer à partir de l'obscurité.

-Avez-vous été si battus par les Nelteins que vous en êtes devenu un chien appeuré, étrangé? demanda Stryfe d'un ton laxe.

-Vous n'êtes pas l'un d'eux. Aucun humain ne survit ici. cracha le propriétaire des yeux. Qu'êtes-vous, étranger?

-Nous sommes étranges l'un pour l'autre; il n'y a aucun besoin d'être méprisant. dit Stryfe amicalement et condéscendant.

-Où sont les Nelteins. demanda l'étranger.

Stryfe se dit satisfait de sa trouvaille. Il ne les appelaient pas ses maîtres. Il ne leur vouait aucune loyauté. C'était parfait.

-Ils sont morts. Mes chiens de guerre s'en gavent la figure et doivent être en train de démembrer les derniers survivants au moment où l'on se parle. dit Stryfe, avec le genre de calme qu'on réserve à l'énonciation de faits universellement connus, comme deux plus deux égal quatre.

-Qui êtes-vous? demanda l'étranger, moin suspect maintenant et plus curieux.

-Je suis un dieu. dit Stryfe. Je suis venu vous offrir la liberté!

La créature ne sorti pas des ombres. Plutôt, les ombres prirent retraite lorsque du crâne de la créature jaillit une vive flamme rouge aux reflets bleus. La créature avait l'air humaine; presque mortellement bronzée, mais humaine, si ce n'était cependant de la flamme qui recouvrait son scalpe, prenant presque une forme chevelue, des multiples veines qui recouvraient le corps de l'homme et craquelaient avec l'énergie thermique qu'elles contenaient et des yeux aggressivement incandescants, qui semblaient même bruler comme leurs pupilles fixaient le déchu. Celui là, en particulier, s'appelait Vulcan, et il était l'un des plus anciens de sa jeune race, atteignant bientôt son deuxième centenaire. Sa longue barbe enflammée avait commencé à se former il y avait de cela cinquante ans lorsque son menton a craqué et l'a crachée, et elle atteignait maintenant sa poitrine. Son front, plissé et craqué par de longues années d'avoir porté toutes les inquiétudes de sa tribu avec lui, se plissa encore plus, rejetant des cendres, comme il fixait Stryfe avec toute l'appréhension qu'il avait senti dans sa longue vie.

-La liberté, vous dites? demanda-t-il, un sourir intrigué se formant sur son visage.
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Re: La première bataille

Message  Dolf Polim le Ven 29 Juin - 20:05

Même s'il eu droit à un vent magistral, la situation répondait apparemment aux exigeances de monsieur. Peut-être Anubis ne faisait-il pas assez bien le tapis -- contrairement à Garf -- ou trop bien le pigeon -- comme l'avait fait Amos à la belle époque (quoi que quand le marionnettiste se faisait rouler, c'était quand même sur une distance record) -- pour qu'on se donnât la peine de lui répondre.
Donc après ce vent magistral, Stryfe… partit. Il se désintéressa totalement de l'offensive, comme ça. Il avait du se dire que tout serait réglé en trois coups de cuillère à pot (ce qui était le cas, on n'allait pas le nier non plus -- mais on savait jamais, des fois qu'un tank médiéval sortait de nulle part, n'est-ce pas Anubis ? Mais bon, si Stryfe avait une arme capable de désintégrer tout un village en un coup cachée dans un sac à main, les Neltains avaient bien le droit d'avoir des tanks-surprise, se disait-il) et crut bon d'employer son temps à autre chose. Et sûrement pas à faire un herbier, chose dénuée d'intérêt. Quoi qu'un herbier févliois puisse avoir de l'intérêt, mais c'est surtout pour dire que, en tant que bon grand méchant pas beau pas équivoque du tout, il n'allait pas se lancer dans une chasse aux pâquerettes ou une quelconque autre tâche pure et innocente et mièvre et rose et bleue et sans un intérêt minimal, ou bien même sans un intérêt MAXIMAL, tout en grosses lettres pour bien montrer que ça demande un attention MAXIMUM et au combien.

Du coin de l'oeil, il le vit passer au travers des combats comme s'il savait où aller. Un coup d'oeil aux auras quand il fut sorti de son champ de vision suffit à prouver le contraire. Il paraissait chercher ce que lui percevait très bien : ça avait pour lui l'apparence d'une boue floue indéfinissable. C'était tout ce qu'il percevait de ces êtres inconnus. Un magma de présences enfouies loin dans la montagne.

Il regarda le banquet à la bonne franquette qu'il y avait derrière lui. C'était aussi désolant que pitoyable. Ils ne l'avaient pas attendu, quels égoïstes.
L'ennui avec les ordres de ce dieu-éprouvette, c'etait qu'il fallait les deviner, mais surtout qu'il valait mieux pour sa peau de les deviner justes. Bon, d'accord, ils etaient évidants. O.K., ça faisait un bail que tout avait été calculé. Il n'y avait rien à redire, mais il devait bien se trouver une excuse, le Dolfie, avant d'aller s'avanturer là dedans. Et un petit lycan qui avait réfléchi plus vite que lui et qui se lançait sur la trace de Stryfe lui servirait à s'approcher un peu. En toute innocence, petite précision.

Si vous avez déjà promené un très gros chien, vous devez savoir qu'une fois que ça a décidé d'aller dans une direction, ça y va, quoi qu'il arrive, et si l'envie nous en prend, c'est très, très difficile de l'arrêter. Multipliez voire ça par quatre ou cinq, et vous aurez peut-être une idée de la force et de la volonté qu'il faut pour arrêter un petit loup garou pas complêtement transformé, mais quand même bien décidé à faire du hachis de Neltain fuyard. Il du lui passer un bras autour du cou et peser de tout son poids pour l'arrêter (même si c'était qu'un gamin, on pouvait jeter la délicatesse aux ortis).

-- Hé ! On se calme ! Vas pas te rótir le cul là dedans, y a pas de Neltains !

Il faillit se recevoir un coup de crosse dans les dents. Le lycan le reconnu à temps ( ou bien par la voix ou bien parce qu'il en faut du culot -- enfin, de la crétinnerie, plutot -- pour se jeter sur un lycan sans avoir prevu d'armure ) pour éviter de l'édenter, mais il hésita avant de s'arrêter vraiment. Il allait dire quelque chose, mais ne le fit pas. Il se baissa et Dolf put enfin sentir le sol sous ses pieds ( d'accord, le narrateur carricature un peu, un tout petit peu ).

-- Voila, brave bête.

Didascalie : le dieu multimillénaire mais épais comme un brin d'herbe tapotte maintenant affectueusement le crâne de la grosse bébête qui le soulevait comme un polochon précédemment. Sous-titre possible : mais c'est qu'il a rapporté la baballe le chienchien à son papa !
C'est bon ? Vous vous êtes fait une image ? Bien, poursuivons.

-- Petite réunion diplomatique, en bas. C'est pas dit qu'on y apprécierait une arrivée inconvenue comme la tienne, les armes jusqu'aux dents. Et on, c'est ce grand monsieur qui …
-- … se taille des capes en peau ? J'ai compris, merci du refrain.


Nikolai. Gentil. On va éviter de lui tapoter le crâne à l'avenir à ce chien errant-là, il a la fâcheuse manie de mordre fort et à tout va. Alors on éloigne la mimine pour éviter de se la faire salement croquer. Surtout qu'il n'avait pas l'air d'aussi bonne humeur que ceux de ses comparses qui cassaient la croute plus haut. Anubis pensait deviner ce qu'il se tramait dans la tete du petit favori, le membre junior du clan qui se faisait pincer les joues par 75% des femmes hystériques du clan avec un entrain qui fasait parfois peur à voir. Mais ce qu'il devinait était tellement ENORME et avait si peu de chance de marcher qu'il repoussa cette idée.

-- Allez, file rejoindre les autres avant qu'il ne t'arrive une tuile.

Il refuserait.

-- Je refuse.

Quand je vous le dis. Grognements en prime. Anubis haussa les sourcils, lui montra sans plus de ceremonie la vapeur qui s'échappait d'un peu partout.

-- Tu vas suffoquer ici. Et moi aussi d'ailleurs. Ça ne vaut pas la peine. Un moment, on se retrouvera tous dehors.

Bon point. Nikolai en eu le bec cloué.

-- Sauf que si je suffoque, ça ne sera pas mortel, pour moi.

Le lycan eu l'air outré. Enfin, c'est ce qu'il semblait être, avec sa gueule entreouverte et ses petits yeux qui lançaient des regards pleins de mépris au shaman qui n'attendit pas sa réponse pour devenir chien et continuer la route que lui aurait voulu prendre. Pendant que Dolf Polim se dirigeait vers le centre de la terre, le petit Kolya allait lui rebrousser chemin. Et là où était finalement arrivé Dolf Polim, la chaleur augmentait, c'était au delà du supportable. Sa peau, même sous cette forme, ne pouvait l'abriter totalement.

-- La liberté ?

Il y avait un espoir ému qui étouffant à moitié cette voix. Même dans les ténèbres, son flair ne le trompait pas. Il s'était assit, tranquille et fasciné. Tout ça lui rappelait bien des souvenirs. Anubis, le chien, observait, passif, avec dans la tête ce qu'il avait retenu des Enfers. Un des petits discours harangueurs de Stryfe qui faisait son petit bout de chemin dans les caboches, peut-être. C'était même sûr. Mais ce mot le fit réagir. Il sortit de son petit coin d'ombre, redevenu humain.

-- Liberté, n.f. 1. Souveraineté inaliénable de l’individu, droit qu’il a de disposer de sa personne ; capacité des individus et des organisations qu’ils forment à agir sans restrictions, autre que celles imposées par la loi. Note : Ce mot est souvent écrit avec une majuscule, Liberté, pour lui donner un caractère allégorique ou emphatique. 2. Chacun des droits qu’une telle souveraineté implique. 3. Possibilité qu’a en pratique une personne, un animal, ou parfois une chose, de penser sans contraintes, d’agir selon son bon vouloir, de se mouvoir sans contrainte. 4. Permission. Mais peut-être ce dernier sens vous est-il familier pour en avoir demandé quelques-unes, comme celle d'aller pisser ou grailler. On vous propose aujourd'hui d'élargir un peu votre connaissance de ce mot. Au niveau de ceux qui ont déjà pris la liberté de se jouer de la vôtre. C'est à prendre ou à laisser : on vous laisse la liberté de choisir. Vous pouvez vous élevez jusqu'à vous lever contre vos oppresseurs...

Il fit un mouvement désignant la sortie.

-- ... ou gentiment et passivement attendre qu'ils reviennent vous museler comme ils l'avaient toujours fait avec nous.
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Re: La première bataille

Message  Stryfe le Mer 29 Aoû - 11:24

Lorsque Dolf entra dans la conversation, Stryfe avait peur qu'il ne vienne que faire l'idiot (comme il a initialement tenté de le faire pour embrouiller le déchu) et qu'il ne complique l'affaire, mais finalement, son intervention constituait le complément parfait aux propos du déchu. Stryfe dût sourire à la récitation presque parfaite (et surement duement mémorisée pour quelque sombre motif) du shaman des lycans.

-Ce qu'il dit est juste. répliqua Stryfe. Vous êtes libres, pour la première fois depuis... comment comptez-vous votre temp de servitude? En années? En décennies? Peut-être, depuis très récemment, en centenaires?

Vulcan dut hésiter à répondre; il était née et avait vécu plusieurs années, lui-même, à une époque où sa tribue n'était pas liée aux Neltéeins, mais cela faisait depuis bien longtemps, et il ne pouvait que vaguement s'en rappeler.

-Oui! Libres! Libres de rester ici, dans ces mines, dont vous êtes les seuls à pouvoir en extraire leurs trésors, libres de quitter cette montagne et de fonder un nouveau village...

-Vous pensez que c'est si simple, étranger? demanda Vulcan. Les Nelteins reviendront éventuellement, et ils le feront en force! Si nous partons, qui prendra bien le blame pour votre massacre?

Le sourire confiant de Stryfe persista.

-Vous avez peur d'eux? demanda Stryfe. Non... Non, ce n'est pas tout à fait cela... Vous les détestez? Que vous ont-ils fait subir, durant ces longues années de servitudes?

Vulcan ne put que grincer des dents.

-Il y a toujours un autre choix qui se présente... dit Stryfe. Ici, sur ce monde, je vais bâtir mon propre empire! Un empire où tous seront égaux sous mon reigne!

-Vous proposez donc que j'échange un dictateur pour un autre? demanda Vulcan.

-Que préférez-vous? Une caste noble qui piétinne cruellement tous ceux en dessous de leurs naissances? Ou bien... Un dieu tout-puissant, qui reigne justement et impartiellement sur toute la création?

L'homme de feu n'aimait pas cela. Cet étranger parlait de choses impossibles, de choses inateignables, et quelque chose lui disait que le déchu ne lui révélait pas tout de ses intentions. Mais...

-Mais... si vous doutez de moi, rien ne vous force à me rejoindre... Cependant, les Nelteins eux, de ce que j'ai put constater, appliquent fortement la conscription. Et voilà... tous ces pauvres conscrits Nelteins, dont mon armée devra piétiner les cadavres... Je n'ai aucune pitié pour eux.

C'était le dernier mot de Stryfe. Le dernier mot venimeux dont il était prêt à faire usage pour convaincre Vulcan de signer un contrat avec le diable.
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Re: La première bataille

Message  Dolf Polim le Ven 7 Sep - 8:57

Il ne fut pas accueillit en grande pompe. Il s'y attendait un peu, il faut dire, mais la surprise de Stryfe... fut une surprise. Enfin ! Un peu de bon sens, quoi : son but etait d'éviter de se faire tuer. S'il ne faisait que compliquer les plans du visiteur, ca n'aiderait pas le sien. Ensuite, à quoi bon mentir ? Si c'etait la liberté, qu'ils voulaient, ils l'auraient. Même si une fois devant, ils ne seraient pas surs que ce fut celle a laquelle ils s'attendaient.
Le visiteur serait égal : à tout le monde, il donnerait le même anneau qui leur permettrait de faire ce qu'ils voulaient sans jamais craindre le jugement et la sanction de n'importe quel état.
Le visiteur leur donnerait à tous la même liberté. Celle qui est métaphysique et dont il avait déjà parlé.
Une seule loi dans son petit programme politique : celle du plus fort. Aussi connue sous le bon vieux nom de chaîne alimentaire et manger ou être mangé.

Que Vulcan ne s'inquiètat pas à ce point : ce candidat tenais ses promesses (et ça, c'est un vrai bon motif pour s'inquiéter), surtout si elles impliquent de piétiner des cadavres.
Anubis en profita pour le leur mentionner à tous.
En omettant au passage le fameux programme électoral qu'il leur préparait : il ne pnsait pas que Stryfe aurait tellement apprécié qu'il fit sa campagne à sa place.

Oui, vous n'avez pas à vous inquiéter pour ça. continua-t-il. Le seul risque que vous courez, ce serait de vous retrouver entre deux feux, et pardonnez moi cette expression. On voulait surtout se montrer urbains et vous évitter de courrir des risques inutiles en vous proposant ceci. On ne peut pas deviner avec certitude la maniere dont Nelta va réagir, et quoi qu'ilo arrive, nous continuerons notre combat.

ce a quoi il aurait pu rajouter "qu'on le veuille ou non", mais il fallait à tout prix paraître patriotique.
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Re: La première bataille

Message  Stryfe le Ven 7 Sep - 23:00

Stryfe et Dolf avaient appliqué la pression, et ils l'avaient appliquée durement. Le déchu put bien le constater; Vulcan n'était pas le dernier des imbéciles, mais ironiquement, c'était les plus intelligents qui se pliaient généralement à Stryfe en réalisant la limitation des autres options. Et Vulcan pliait. Oh, comme il pliait sous le poids de cette ultime décision. Stryfe pouvait presque l'entendre penser: "Devrais-je refuser, possiblement aux dépens de mon peuple?"; "Puis-je mener mon peuple au combat sans son appui?". Voila l'une des multitudes des beautés de la guerre: elle touche à tous, même ceux qui n'en veulent rien. Finalement, il releva la tête. Il avait l'air d'avoir pris une décision.

-Venez. dit-il. Je ne prendrai pas cette décision sans le consentement de mon peuple.

Il leur tourna ensuite le dos et se dirigea vers les profondeurs, tout en s'assurant de rester visible à ses deux invités. Stryfe lui-même, se tourna vers Dolf.

-Tout vas comme prévu dehors? demanda-t-il.
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Re: La première bataille

Message  Dolf Polim le Lun 24 Sep - 14:13

Il ne faudrait pas longtemps pour qu'il craquât, c'était évident. Il pouvait se douter de quelque chose, ça ne changeait rien au choix qu'il aurait à faire. D'un côté, il n'y avait que la certitude de l'asservissement, puis peut-etre la vengeance des Neltains sur les derniers magiques. Il y avait aussi la possibilité de tout quitter et de s'éloigner des deux camps… pour se retrouver au milieu de leur chemin malgré eux. Puis ils pouvaient aussi choisir de les rejoindre, le grand inconnu. Ça voulait dire le doute, l'angoisse, mais aussi un tout petit peu d'espoir, ce que leurs deux autre options ne leur proposait pas. Alors, bien sur qu'il hésitait : il cherchait surement une parade ou n'importe quoi qui lui aurait fait une quatrieme option plus que convenable, mais tout revenait toujours aux trois que je vous ai déjà évoqué.
Quant a Stryfe, il semblait exulter. On aurait avancé Noël qu'il n'aurait pas eu l'air plus heureux (quoi que, divergea une fois encore l'esprit de Dolf, une fête qui pronait la paix universelle et s'illustrait de toutes sortes de joyeusetés ne devait peut-etre pas etre du gout du visiteur… à moins que ce ne soit pour y tester une nouvelle arme de destruction massive glissée sous le sapin). Vulcan ne se tortura pas plus longtemps : en une seule phrase, il se défit de toute responsabilité, se débarrassa de tout ce poids qui était venu lui écraser les épaules avec cette histoire de choix pour finalement laisser la part belle à tout son peuple.

… Dolf hésitait entre applaudire cet élan démocratique ou huer cette maniere si peut délicate de se défiler.
Il se contenta finalement d'hausser le épaules et de suivre le mouvement, jusqu'a ce qu'il fut arrete par Stryfe. Comment ça se passait ?
-- Rien n'est venu perturber leur petit festin. C'est plus tranqulle qu'une réunion de famille, là-haut. Les seuls risques, c'est que l'un de ceux qui se sont barrés aille nous chercher de ses amis à lui. Et encore, là je ne m'inquiète pas : ils sont organisés comme des manches. Non, le vrai seul moyen qu'on aurait de perdre des effectifs, ce seraient qu'ils s'entredévorent.

Ce qui ne semblait pas chagriner notre déchu plus que ça. Des lycans qui se grignotent les uns les autres dans un fort de Nelta, c'est si peu inhabituel, franchement. Si ça lui faisait de quoi paniquer, il finirait paranoïaque. Non, il avait tellement plus important à penser ! Comme se préparer à faire son plus beau sourire d'assureur verreux à une bande d'esclaves désespérés pour les inviter à échanger leur dictateur contre le sien.
Un murmure plus accentué commençait d'ailleur à naître tout autour d'eux. Il était cependant incapable de dire s'il s'agissait plus d'un murmure d'approbation ou le sifflement bas d.'un reptile en colère.
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Re: La première bataille

Message  Stryfe le Sam 20 Oct - 17:58

-Dépéchons-nous d'en finir, dans ce cas. dit le déchu calmement. Si des renforts arrivent, j'estime que contrairement à tes attentes, ils auront eu la chance de s'organiser.

Stryfe commençait à entendre des murmures. Ils devaient s'approcher de la zone où la majorité des hommes de feu résidaient. Bientôt, ils se rendirent à une clairière dans al caverne, et là, même Stryfe fut émerveillé. Ici était bâti un genre de ghetto, où les petits logis, qui n'auraient apporté que le confort d'un espace clos s'ils avaient été bâtis à la surface, étaient construits en plaques de tôle et de murs de pierres inégales. Dans ces logis innombrables, Stryfe pouvait apercevoir, qui le guettaient, des hommes, grands, forts, et avec leurs scalpes en feu, mais aussi des femmes, qui le surveillaient nerveusement, et des enfants, sales et couverts de charbon, qui devaient pleurer soit leur triste sort, soit son arrivé. Mais ce ne fut pas le peuple, qui captaient l'attention du déchu à ce moment, mais la caverne elle-même, car recouvrant ici et là la surface des murs, reflettant et réfractant la lueur des flammes de ses habittants pour en faire un spectacle de lumières éblouissanntes, il y a avait ici les crystaux, les diammants et les métaux les plus fantastiques que Stryfe eu vu de sa longue et rude (pour lui et la galaxie) existence. Il eut un sourire extasié, presque fou tellement il était maniaque.

Finalement, au centre de ce qui semblait être une place publique, Vulcan s'arrêta.

-Mes amis! appela-t-il, d'une voix forte, mais douce. Mes frères et mes soeurs! Un étranger est venu nous rendre visite aujourd'hui. Il dit avoir frayé son chemin à travers une armée et pavé son chemin du sang de nos capteurs. Vu sa présence, je suis enclin à le croire. Nous lui sommes donc reconnaissant de notre nouvelle libertée!

Le peuple s'extasia à leurs tours, et Stryfe ne put qu'être amusé par le scénario qu'il avait vu et revu sur tellement de mondes différents, mais tous pareils. Cependant, les célébrations ne durèrent; par le simple pli de ses sourcils, Vulcan leur fit comprendre qu'il les voulait calmés.

-Dans sa générosité, d'ailleurs, l'étranger nous fait une offre, une offre que je vous suppli de considérer sous toutes ses facettes. ajouta Vulcan avec ce que Stryfe senti être un modicum d'ironie. Il nous offre gracieusement de le rejoindre dans sa conquête de... du monde, j'imagine?

Vulcan lança un petit regard sarcastique à Stryfe, un regard non-dépourvu d'hostilité et de soupçons.

-Que dites-vous de cela? Devrions-nous passer d'esclaves à conquérants?

Son peuple était silencieu maintenant. Ils devaient être en train de réfléchire, et Stryfe savait que ce genre de réfléxion ne pouvait pas durer.
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Re: La première bataille

Message  Dolf Polim le Mar 6 Nov - 12:29

Apparemment, on ployait l/échine une fois et une fois etait assez pour être pris de haut.

Je n'estime rien, je fais part de mes observations – et le dernier que j'ai eu le temps d'observer avait l'air plus pressé d'aller se planquer que de sonner l'alerte. Il manque d'organisation, donc il se débrouille comme un manche.

Il se doutait qu'il parlait de trop, et plus encore qu'il ne pourrait pas s/amuser à lui tenir tête longtemps comme ça. À vrai dire, le bon petit larbin qu'il avait singé au début de cet entretien aurais dû se contenter de se taire et acquiescer bêtement devant ses prochains braves petits soldats.
La force de l'habitude, sans doute.

Les sons qui se réverbéraient jusqu'à eux sur les paroies de plus en plus noires de la caverne commencèrent à leur parvenir plus distinctement. La chaleur croissante laissait croire qu'ils approchaient d'un grand atroupement de ces êtres de feu : leur village, peut-être, à moins que ce ne fut une réserve assez grosse pour suffisamment de ces hommes pour continuer les excavations. La vérité se situait quelque part entre les deux : il s'agissait d'un petit bidonville où les habitations s'entassaient les unes sur les autres pour parfois prendre l/aspect de tas rouillés et de guingois. Tout autour, les murs offraient leurs entrailles brillantes aux travailleurs. Une telle richesse qui s'étalait ainsi pour ceindre un tel noyaux de misère avait quelque chose de surprenant, ou plutôt… d'inattendu. Ça réveillait en lui un vague mélange de rébellion et de nostalgie que même ses Loups ne lui avaient jamais rappelé. En tant que villageois, ces hommes de flammes étaient nombreux mais en tant que peuple ou, pire, en tant que race, on n'eût pu s'empêcher de constater que le nombre d'âmes était assez réduit pour lui faire se demander combien d'autres exploitations neltaines s'étaient construites comme celle-ci. Peut-être toutes. Il ne se souvenait pas avoir entendu parler de plus de quelques cas similaires. Ça ne devait pas faire partie des sujets de fierté des Neltains, puisque reconnaitre tant de mines où étaient utilisés des magiques, c'était se reconnaître autant de dépendances à cette noble (et pourtant haïe) caste.
Après les palabres très (intentionnellement) stéréotypées accompagnées de la proposition tant attendue (du genre "voulez-vous suivre le tout puissant messi qui transforme l'eau en sang en y faisant infuser ses ennemis ?"), leur guide laissa la parole à l'assemblée. Très enthousiaste, d'abors. Puis on commençait a pouvoir en voir quelques uns faire la grimace. Une femme qui tenait près d'elle ce qui aurait pu être sa fille avait réagi plus vite. On lui céda la parole.

Sa générosité, tu dis ? Est-ce qu'elle s'arrete à Fabulya, celle-là ?
– Explique-toi, Tiana.


La femme, Tiana, donc, prit quelques secondes pour trouver les mots qui lui convenaient.

Je trouve ça un peu simpliste, ce plan. On parle quand même de conquérir le monde, d'après ce que tu dis. Et ce serait si simple ? Moi je pense que ne nous dit pas tout ! ajouta-t-elle pendant que des voix s'élevaient. Une en particulier :

Avez-vous entendu parlé de ce qui est arrivé au village de Clairbourg, à quelques douze kilomètres d'ici ?

Tous s'entre-regardèrent, un peu perplexes. Une voix se fit entendre, plus hésitante.

Je crois… je crois qu'ils parlaient entre-eux d'un village qui avait été détruit, une nuit. Il n'y a pas si longtemps.
En une nuit, certes… mais il n'a pas été détruit. Il a été effacé. Par un seul homme. C'est cette force d'arme que nous vous proposons maintenant. C'est cette force d'arme qui nous permettra de nous lever contre ceux qui se sont faits nos maîtres.
–Pourquoi demander notre aide, alors ?
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Re: La première bataille

Message  Stryfe le Mer 28 Nov - 2:22

Stryfe sourit à toutes ces questions. Toutes ces belles questions douteuses, il les avaient entendus maintes fois. Et à chacune, Dolf avait une réponse, il semblait, une réponse digne d'un génie de la manipulation publique. Non, le déchu ne regreterai jamais de s'être procuré l'expertise de cet autre déchu. À la dernière, cependant, il se permit de répondre.

-Vous doutez de moi, donc? demanda Stryfe. C'est bien. C'est même très sage de votre part de douter de moi ainsi.Je répondrai bien à votre question, mais je commence à me sentir un tantinet claustrophobe ici, dans ce magnifique... euh... village. Dites, ça vous irait qu'on parle dehors?

Les murmures s'arrêtèrent d'un seul coup. Plus personne ne parlait, ne murmurait ou ne marmonnait une quelconque injure à qui que ce soit. En fait, même les visages des gens de feu se vidèrent de toute expression, et Vulcan vint vite à l'évidence de ce qui s'était passé. Depuis combien de temps, Stryfe se demandait, ces pauvres gens étaient-ils enfermés dans ces sombres cavernes? Depuis combien de temps minaient-ils au service des Nelteins?

-Maman! Je veux aller dehors!

C'était un enfant qui se prononça en premier, un petit garçon qui tirait impatiemment après la robe en lambeaux à sa mère. Tout le monde la fixèrent sur le coup, pour ensuite tourner leurs regards vers Stryfe avec la mère, nerveuse, un peu apeurée. Stryfe ne put s'empêcher un réel sourire en entendant l'enfant. Il regardait l'étranger d'un drôle d'air, le genre que seul un enfant pouvait réussir de manière convainquante: il y avait là un air de peur, mais aussi de curiosité. Le déchu le trouvait bien mignon le môme; il devait avoir le même age que lui lorsqu'on lui avait appris à tuer (à l'époque, il se servait d'une tronçonneuse rafistolée).

-Tu veux aller dehors?

Le garçon fit signe que oui, ainsi que plusieurs autres enfants que Stryfe n'avait pas nécessairement addressés, tandis que les adultes se fixèrent tous les uns et les autres, sentant la situation se dégénérer. Vulcan, lui, savait son impuissance, et que trop bien; sa mâchoire tremblait tellement il comprenait maintenant à quel point le Guerroyeur était doué à faire chanter le monde.

-Tu veux bien aller voir le ciel? Il fait nuit en ce moment. Sais-tu ce que ça veut dire?

-Que c'est l'heure d'aller me coucher? réplaqua le garçon, nerveusement.

-Ah... oui. Normalement oui... répondit le déchu, faisant mine d'être surpris. Mais peut-être ferions-nous une exception ce soir? Pour aller voir les étoiles?

-C'est quoi, des "étoiles"? demanda le garçon.

Les autres enfants aussi eurent l'air confus, et les parents furent défigurés par la douleur d'entendre leurs jeunôts tenir de tels propos. Même Stryfe ne put rester inaffecté par cette question; ses yeux s'agrandirent et son sourire disparu. En effet, c'était toujours pareil. Toujours. Pareil. D'un monde à l'autre. Il tendit la main à l'enfant.

-C'est compliqué à expliquer. Tu veux voir? demanda le déchu.

Sans trop réfléchir (les enfants de moins de dix ans le font rarement, d'ailleurs),le môme se défit de la prise de sa mère et se faufila, initialement très vite, vers le Guerroyeur. Il ralenti à mi-chemin, jetant un coup d'oeil vers sa mère. Elle était immobile, paralysée, il semblerait, par l'improbabilité de la situation, et personne d'autre n'osait rien faire. ne sachant quoi d'autre faire, l'enfant continua son chemin vers le déchu, qui prît le garçon dans ses bras. Il avait été curieux de savoir quelle genre de température corporelle ces êtres élémentaires pourraient avoir, mais le garçon n'avait qu'une température moindrement plus élevée que celle d'un humain. Stryfe passa sa main dans les cheveux enflammés du garçon et constata que le feu était aussi tiède. Avec le garçon dans les bras, Stryfe se tourna vers la sortie, mais il commença son chemin qu'après avoir jeté un coup d'oeil derrière.

-Qui d'autre aimerait voir les étoiles, ce soir? demanda-t-il.

Les enfants se faufilèrent instantanément, inconscient des dangers quelconques qui pourraient les attendres, et finalement, les adultes réalisèrent tous que Stryfe, que ce soit dans sa merci ou dans sa cruautée, ne leurs avaient laissé aucun choix. Eux aussi le suivèrent à la surface.
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Re: La première bataille

Message  Dolf Polim le Jeu 3 Jan - 17:48

La question fut contournée. Il n'y avait pratiquement pas d'autre moyen de qualifier ça : le sujet était violemment remis à plus tard, sans aucune discrétion, sans aucun scrupule. Sans même un brin de culpabilité ou d/empressement, niette, zéro. Et ça marchait à merveille, d'ailleurs ! Ils étaient déjà arnachés, tout ce que leur nouveau maitre avait eu à faire c'était à tirer leur mors là où il voulais les mener. Mieux encore : Dolf pu voir se jouer devant ses yeux, en direct live, une scénette de propagande digne de boites à biscuits (ou de sucres) ou de pub pour lessive, c'est à dire un militaire bâti comme une armoire à glasse entouré d/enfants. Il ne manquait plus qu'un slogan pour souligner tout ça, de préférence en grandes lettres carrées, pour rappeler que tout ça ça se fait avec de la discipline, mais des lettres quand même un peu ouvragées, parce que cette discipline redorerait le blason de tout un peuple. Bon, on n'avait pas non plus les joues roses entre autres couleurs mièvres aussi impensables qu'impossible dans le monde réel (destinées peut-être à détruire les neurones du spectateur), mais l'intention y était. C'était presque aussi malsain, à ce point qu'on ne pouvait pas dire « touchant », même si le mot brûlait les lèvres. Surtout une fois arrivés à l'épisode des étoiles. Même s'il avait rarement eu à faire à des enfants qui avaient passé leur vie enfermés, Anubis ne pu se retenir de fuir cette scène du regard.
Finalement, les manipuler avait été simple, se dit-il pendant qu'il les suivait dehors. Il n'avait pas fini de se le dire qu'une vague lueur attira son attention. Ça et le son que faisaient les armes que Stryfe avait donné à ses loups. Du coin de l'oeil, il vit qu'on déviait le canon, mais c'était trop tard. Le coup était déjà parti. Ce n'était pas bien difficile de deviner la cible de cet attaque désespérée. C'est à dire Stryfe, justement.

Espèce … de … crétin …
– C'est moi, j'ai glissé.


C'était Feriel qui avait répondu. Il était à côté de Kolya. Celui-là paraissait estomaqué alors que l'autre était tout simplement effrayé.
Le seul problème dans ce tableau c'est que Feriel avait deux armes, et Kolya aucune. Finie, la belle scène de boite à biscuits. Là on entrait dans le vif du sujet.

– Non, c'est pas vrai...
– Oui, le petit à raison, frangin. Ment pas pour moi : c'est ma faute. J'ai gaffé. Le recul m'a mis le nez dans l'herbe. Mais j'ai bien visé ! Je voulais voir si ça marchait, ça.


Dariel avait rejoint les deux autres. Voir autant de lycans à l'air plus ou moins penaud (je laisse ça à votre imagination : un petit oiseau m'a dit qu'elle était fertile) sur l'affaire aurait pu être cocasse si l'atmosphère autour n'avait pas été si lourde à ce moment-là.
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Re: La première bataille

Message  Stryfe le Mar 19 Fév - 17:50

Désolé pour le retard. Bien des choses à faire, et pour mon temps libre... Je l'avoue, Mass Effect est au temp libre un vrai trou noir -_- Tu me pardonneras des petites erreures d'inconsistence j'espère, mais j'ai pas trop compris quel des trois garous était une femelle (j'ai assumé que c'était Kolya). je devinerai et j'assumerai donc les conséquences de ma procrastination. Aussi, je me permet une petite interprétation de l'intervention à Dolf, si ça ne te dérenges pas. Tu m'enverra un mp si c'est inaproprié et j'éditerai mon message en conséquent, d'acc?

Au bout de la caverne, avec les étoiles en arrière plan, Stryfe avait vu Kolya détourner son arme vers lui. Elle l'attendais. Ah. Intéressant! Une qui veut se venger? Se faire une réputation? Qu'importe... La réaction de Stryfe fut immédiate. Il ne pouvait pas se permettre de perdre ses nouveaux convertis aussi facilement. Pas maintenant, quitte à perdre un membre ou deux. Il déploya ses drones à bouclier, ils levèrent leur champ de force répulseur, et Stryfe tourna le dos au garou.

Il entendait la louve rire de sa pleine voix, un son horrible et terrifiant, sauvage mais lugubrement humain. Le bouclier prit la majorité des balles, mais une telle quantité de projectiles aurait surchauffé les drones si Stryfe ne les avait pas désactivés à temps. Il se prît quelques dizaines de balles dans le dos, perforrant et déchirant la chair, révélant de nombreuses minces plaques de métal soudées et vicées sur ses os. Stryfe tomba à genoux, secoué par le choc, mais il tint bon l'enfant dans ses bras. Le petit se mit à pleurer, et les flammes sur sa têtes et dans son corps devinrent plus chaudes, presque brulantes. De nombreuses autres balles lui grugèrent le bras gauche et finirent par l'arracher. D'autres vinrent le défigurer, lui détruisant une oreille et lui perforant la joue gauche. L'une eut même la chance de lui transpercer le cerveau, mais Stryfe n'y perdit rien de trop vital. Seulement quelques neuronnes contenant un centenaire ou deux de mémoires personnelles; rien qui ne lui manquerait.

Mais celle là fut la dernière, aussi surprenante était-elle pour Stryfe, car il avait vu juste: il avait deviné par la longueur de la ceinture de munition traînant du cannon que la mitraillette ne devait plus contenir que quelques dizaines de balles. De plus, il avait appris mieux à ces lycans: il leur avait bien dit de tirer à coup de cinquante balles seulement, qu'après cela, la déviation et le recule risquaient d'être trop majeurs et ils trireraient dans le vide. Celle-là ne l'avait clairement pas écouté.

Soudain, ce lycan désobéissant fut plaqué à terre par un autre loup. Celui-là était Feriel, si la mémoire de Stryfe tenait bien le coup. Dolf arrivat en courant, ayant surement accéléré son rythme pour devancé le peuple de feu. Il cracha une insulte aux lycans, qui tentairent de s'expliquer, lorsque Dariel vint s'ajouter à la discussion, tentant de dévier le blâme sur lui-même. Quelles bons camarades...

Le petit pleurait encore lorsque Stryfe s'addressa à lui:

-Eh, petit. Tu tiens le coup?

Le garçon leva sa tête vers le visage du guerroyeur. Celui-ci fit un effort pour sourir, même si sa joue avait été trouée et une partie de son visage avait été détruit. Les nano-machines et les cellules souches en étaient déjà à leurs travaux: les trous dans la joue se refermaient graduellement, l'oreil commençait à se reformer et les nerfs au bout du bras perdu grouillaient, cherchant leur membre manquant. Le petit, lui, était en un morceau. C'est ce qui comptait pour Stryfe en ce moment.

-Ne t'inquiète pas pour moi, petit. Je suis invincible, mais ne le dis à personne, hein? C'est notre secret.

Le petit acquiesca d'un mouvement de la tête, et Stryfe le déposa. Il se releva, à la grande surprise des trois lycans, qui se turent instantanément, alors que le déchu ramassa son bras et n'eut qu'à le remettre en place pour que les muscles et la peau se rattache. Il jeta un coup d'oeuil derrière lui; les autres gens de feu n'étaient pas encore arrivés. Ils devaient sans doute tenter de reprendre le contrôle de leurs enfants, tout en se remémorant ce chemin que plusieurs d'eux n'avaient pas pris depuis longtemps. Bien. ce spectacle n'appartiendrait qu'à lui, Dolf, un trio de lycans et un petit garçon, facilement influançable lorsqu'isolé.

Stryfe, souriant froidement, approcha les lycans, fixant Dariel.

-C'est donc toi qui m'a tiré dessus?

-Non! cria Kolya.

-En effet, c'est moi. répondi Dariel, tremblant de tout ses membres, écrasé par le regard du guerroyeur. Que penses-tu en faire?

Mais Stryfe n'eut pas à répondre. D'un mouvement sec et quasi imperceptible, il planta une seringue dans l'abdomen du lycan, et en quelques secondes seulement, le loup tomba à genoux et ne put faire de sa bouche que des sons inintelligibles. La créature regarda bêtement le déchu, lui cherchant une explication, mais Stryfe avait déjà tourné son regard vers les deux autres.

-Dariel devait être un espion Neltéein. N'est-ce pas celà, Feriel? demanda le déchu.

La question était insensée. Aucun Neltéein loyal n'accepterait de faire affaire avec des lycans, et malgré la brèvité du séjour à Stryfe sur leur petit monde, on le lui avait expliqué, et les lycans le savaient. Impossible qu'il ne l'oublie.

-Espèce d'enfant de chienne! cria Kolya. C'est faux, et tu le...

Mais Feriel la fut taire. Le regard de Stryfe, malgré son petit sourir tout gentil, ne laissait aucune place à l'erreure; il était rempli d'une fureure, d'une rage incalculable, et le moindre faux pas à l'instant voulait dire la mort.

-Oui. répondit Feriel. C'est inattendu, mais oui.

-Alors lui, c'est un méchant? hoqueta le petit.

Il pointait vers Dariel, qui le fixa bêtement sous l'effet de l'anasthésiant surdosé, et Stryfe lui jetta un sourire.

-Oui! C'est exact! dit Stryfe. Mais nous, nous sommes gentils. N'est-ce pas, Feriel?

-O- Oui...

-Alors, que devons-nous faire au méchant? demanda Stryfe.

Question rhétorique du siècle; Kolya et Feriel sentirent leur coeur battre à une cadence maladive. Et Stryfe, lui, décrocha son épée, Nova, de sa ceinture. Il la tendit vers Kolya.

-Kolya, pourrais-tu l'éxécuter, s'il-te-plaît? demanda Stryfe, encore le sourire aux lèvres.

La louve le fixa de ses gros yeux, terrifiée. Dariel en aurait fait autant, s'il en avait la capacité à l'instant.

-N- Non!

-Je sais que c'est difficile de tuer un vieil ami. Mais, vois-tu... Nous devons parfois prouver notre allégeance. Alors, j'aimerais donc que tu tue ce traître. rappliqua Stryfe.

-Je... Je...

La louve ne savait plus quoi dire. Elle ne comprenais que trop bien la situation dans laquelle elle était.

-Tu es une des gentille, non? demanda Stryfe. Alors, tue le!

Kolya regarda autour d'elle. Feriel n'osa pas la regarder; il n'aurait pas plus su quoi faire qu'elle. Dariel la fixa, incapable sous l'effet des drogues injectées dans son système d'exprimer la pleine portée de sa peur. Le petit garçon, lui, ne put que fixer Dariel avec la pleine ardeure de la haîne qu'un enfant pouvait éprouver pour quelque chose de dégoûtant. Et Stryfe? Son regard était inscrutable, comme toujours. Quel sort lui réservait-elle si elle refusait? Combien de ses confrères tuerait-il pour la punir, elle? En fait, elle aurait voulu que ces choses lui passent par la tête en premières, mais à l'instant, la seule question qui la motivait était: "Que me fera-t-il si je n'obéis pas?"

En réponse, Stryfe soupira.

-Je vois. C'est trop difficile pour toi. Je comprends. La trahison de ton ami doit être un choc. dit le déchu. Feriel.

Il tendit son sabre vers le mâle encore debout.

-Toi, tue-le! proposa-t-il.
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Re: La première bataille

Message  Dolf Polim le Sam 16 Mar - 15:45

C'était impressionnant de voir avec quelle facilité Feriel reniait son frère pour sauver sa peau. Enfin, c'était impressionnant si on se basait de leur point de vu de mortels qui devaient normalement savoir qu'un Paradis les attendrait au bout du chemin s'ils n'avaient pas trop biaisés dans leur vie. En somme, qu'est-ce que mourir aurait été pour lui ? Ca piquerait un peu puis tout serait fini. Il n'avait même pas l'excuse de la tâche inaccomplie : un lycan est apatride, sans attache, et facilement remplaçable dans sa horde. Bon, peut-être que Dariel avait l'avantage, lui, grâce aux analgésiques, d'être plus ou moins immunisé contre la douleur avant de mourir. C'était un raisonnement qui se tenait. L'athéisme a bien pourri le genre humain, songea Anubis qui regardait silencieusement la scène, curieux de voir à quoi tout ça arriverait. Et en même temps, personne ne semblait décidé à dénoncer ni même à laisser dénoncer Nikola.
Le tapage avait attiré quelques autres loups, leur curiosité animale les ayant traînés jusque là où ils devaient entre la voix de leur maître. Il aperçut parmi les plus animaux la petite Iseult qui piaffait sur ses quatre pattes, comme si elle était mal à l'aise de ne pouvoir s'en mêler ou d'aider son cher « Kolya ». Feriel, de son côté, avait des gestes incroyablement lents, autant quand il regarda le déchu que quand il alla prendre l'épée qu'il lui tendait. Anubis n'aurait su dire si c'était sous le coup de l'émotion ou pour gagner du temps, mais ce dont il était sûr, c'était que les esprits étaient tous extrêmement embrouillés. Attendre d'eux une réaction logique aurait été peine perdue. Kolya lui-même n'osait plus tenir tête à Stryfe. La situation semblait réglée et Dolf allait s'éloigner pour passer la petite scène de fratricide quand un bruit sourd attira à nouveau son regard : Eeva. Elle venait de jeter une arme (c'était à se demander à qui elle avait bien pu la prendre) au centre de leur cercle, négligemment. Après un bref silence de stupeur, elle parla avec le calme d'une suicidaire :
P'us une balle. C'est moi qui ai tiré.
… attends, sérieux ?
Tiens, il avait dit ça à voix haute. Ça lui avait échappé. Mais pourquoi s'en faire quand quelques autres Loups continuèrent à se désigner. Si certains le faisaient d'abord en tremblant de tous leurs membres, ça virait peu à peu à la plaisanterie. Plus il y avait de monde pour s'avancer, moins il leur fallait de courage. Autant ne pas être en reste.
Encore un peu, et je vais finir par douter moi-même… je n'ai pas d'armes commes celles-là, je n'était pas du bon côté, mais je ne sais plus… peut-être bien que j'ai tiré aussi, allez savoir ? En tout cas pas moins que ceux-là.
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Re: La première bataille

Message  Stryfe le Dim 17 Mar - 1:36

"Mais que se passe-t-il?" se demanda Stryfe. "QUE SE PASSE-T-IL PUTAIN DE MERDE!"

Rien ne paraissait sur son visage de marbre, son sourire restant identique, même comme son regard meurtrier se tourna vers Eeva.

"QUI EST L'ENFANT DE PUTE QUI ME DÉFIE?! MOI!"

La pensé tourna en ronds dans sa tête, le rendant de plus en plus furieux comme les autres rejoignirent la petite rebelle, et même Dolf se prononça, surement pour maintenir sa position de pouvoir chez les lycans.

"Me trahit-on pour si peu? POUR UNE PETITE CONNASSE!?"

La rage s'infiltra dans le regard de Stryfe comme ses yeux devinrent rouges; Eeva pouvait le voir, car c'était elle que Stryfe fixait. Le petit garçon avait l'air de plus en plus confu, tentant de trouver un sens à cet événement. Le mot "mutinerie", il ne l'apprendrai que plus tards. Soudain, une fanfare se fit entendre au loin.

-Des Nelteins! cria un lycan d'une voix bestiale. Les Nelteins reviennent!

-Quoi?! cria Vulcan.

Lui et son peuple venaient de rejoindre cette scène risible, et son visage était figé dans sa terreur. Stryfe, lui, sourriait d'autant plus intensément.

"Échec et matte!"

-Ah! Des renforts Nelteins! Mais quel malheur! Alors, mes soldats! On les massacre?

Le peuple de feu fixa collectivement les lycans, trouvant difficile à absorber la notion qu'un seul homme les avait apprivoisé. Les lycans, eux, se regardèrent, incertains du cours d'action à prendre.

-Non? Avez-vous déjà perdu tout votre courage? Êtes-vous si battus, si lache que celà, mes jolis chiens-chiens?! cria Stryfe, une haîne infaillible s'infiltrant dans son sourire autant que dans son language.

Il monta au mur du fort, ignorant les lycans qui le fixaient, silencieux sous le choque. Le petit garçon qui avait monté avec lui le suivit encore, ne sachant pas trop quoi faire. Arrivé sur le mur, il leva un pied sur le rebord et regarda en bas avec dédain; deux centaines de Nelteins, alertés par les rescapés et surement d'autres mesures d'alarme que Stryfe ne connaissait pas encore, se présentaient aux portes du fort, armés de lances et d'arcs, prêts à combattre. Ils fixèrent Stryfe d'un air ahuri, ne sachant trop quoi dire de cet étranger, et ils eurent l'air encore plus bêtes lorsque des lycans et des gens de feu se présentèrent sur le mur, terrifiés, mais incapable de se détourner de cette grande force Nelteine. C'était d'un grand jeste, presque comiquement dramatique, de ses bras, que Stryfe addressa les Nelteins:

-Nelteins! Soldats et esclaves asservis! Tyrants et monstres! Je suis Stryfe, le Seigneur de la Guerre! Je suis le nouveau roi de ces terres! Agenouillez-vous devant moi, et admirez-moi! Votre refus vous verra noyés dans votre propre sang!

Les Nelteins regardèrent autour. Ce qu'ils virent, mis-à-part le lunatique perché dur le mur, était une horde de lycans et d'hommes de feu, tous terrifiés, tous soumits, tous prêts à mourir. Ils rirent. Les Nelteins rirent. Et Stryfe? Il se mit à rire avec eux. Il riait de sa haute voix, et il savourait ce moment. Les soldats, irrités par ce fou-furieux, prirent leurs arcs et lui tirèrent dessus. Une flèche vint se planter dans le coeur du guerroyeur, trois dans son flanc, cinq dans son ventre avant qu'il n'enclenche son bouclier, qu'il répandit à la largeur du mur du fort.

Les Nelteins, voyant le corps transpercé de Stryfe, reprirent leurs rires. Ils s'arrêtèrent lorsqu'ils entendirent que Stryfe les avait encore rejoint. Maintenant, il était le seul à rire.

-Fantastique! FANTASTIQUE! cria-t-il en applaudissant. Votre refus sera noté! Votre peuple, anéanti, violé, assimilé et effacé! J'ai peur qu'il n'y ai aucune tombe pour marquer vos morts. N'ayez crainte! je vous offre, pour votre enterrement, une symphonie de destruction massive!

D'un seul geste, un appareil gigantesque apparut sur le dos de Stryfe, comme matérialisé du néant. On aurait dit une orgue miniature, munis d'équipements arcanes et sophistiqués; un gantelet se détacha de la machine, se formant sur le bras à Stryfe, ainsi qu'une pair de lunettes qui prirent place sur le visage du déchu. Une fois son appareil complet, Stryfe pointa un endroit au centre de l'armée Nelteine avec son index gantelé, duquel sortit un mince laser rouge. Il appuya sur une gachette de son pousse, et des dizaines de micro-missiles prirent leur envol à partir des tuyeaux de l'orgue. Ils disparurent dans le ciel, laissant tomber un silence angoissant sur le champ de bataille. Personne ne savait ce qu'il adviendrait. Personne, sauf le déchu. Le sourire de Stryfe s'amincit, s'aiguisa et se déforma en un rictus terrifiant. Il leva ses bras en l'air, l'air dément.

-Behold! I! Am! Become! DEATH! cria-t-il, dans sa langue natale. Destroyer of worlds!

Il baissa les bras, et la pluie tomba. Une pluie explosive. Une pluie mortelle, répandant le sang des Nelteins et engloutissant leurs cris. Stryfe nota avec plaisir que si l'on écoutait assez attentivement, les cris des Nelteins et les explosions de ses missiles aériens combinés mimaient en fait la mélodie de l'Ode à la Joie, quelque chose que Stryfe dut pratiquer pendant des centenaires pour avoir un résultat parfait. Il aimait cette mélodie, la savourait, la chantonnait et la dirigeait de ses bras, même comme les missiles tombaient et les Nelteins mourraient par dizaines.

Voilà la symphonie de la guerre que Stryfe voulait. Voilà ce qu'il voulait faire résonner dans le monde entier.
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Re: La première bataille

Message  Dolf Polim le Mer 24 Avr - 14:13

Après tout le remue-ménage de ces retournements de vestes successifs, le silence qui s'en suivit avait de quoi écraser les épaules de tous ceux qui étaient présents. Il y avait les craintifs, les perdus, les curieux et l'enragé – et ce dernier cas n'était pas pour plaire à Dolf tellement il lui rappelait ce dernier instant que son cou avait passé dans les mains du dieu marionnettiste. Le collier pour chien qu'il avait reçu en petit cadeau d'adieux (charmante attention) n'était pas prêt de se faire oublier, même s'il avait fini de le porter. Il se passa machinalement une main sur la nuque, comme s'il essayait de tordre la boucle qui n'y était plus. Tous les regards étaient dirigés sur Eeva et, alors que la foule des lycans aurait dû rester à l'écart en cercle autour de l'alien et de la rouquine qui s'affrontaient du regard, les rangs se resserrèrent près de la Louve tant et si bien que Feriel, Dariel et Nikola finirent engloutis. Anubis ne put s'empêcher d'éprouver une certaine fierté à voir ses Loups se mouvoir et réagir comme un seul homme.

Eeva, elle, tenait bon. C'était à se demander si elle regardait vraiment le dieu. Elle était droite et vide d'expression, on l'aurait crue de pierre s'il n'y avait eu cette angoisse, très imprécise, qui lui alourdissait la respiration.

Il furent interrompus par Anasthase : les Neltains revenaient à la charge. Anubis fut surpris de la rapidité avec laquelle les renforts avaient réussi à déchiffrer les messages sûrement très obscurs et bégayés des survivants (quelque chose qui avait dû être comme ''Lycans … détruit ! Plus personne … mine !''). Ce fut là l'occasion idéale pour Stryfe de rabaisser les mutins qui desserraient leurs rangs fidèles autour d'Eeva, laissant du même coup voir qu'il n'y avait plus ni de Feriel, ni de Dariel, ni de Nikola. La Louve échangea un regard avec Anubis avant de se détourner calmement du champ de bataille, profitant que Stryfe avait détourné son attention sur la foule des Neltains. Anubis défit le cran de sûreté de son arme et partit à la suite du déchu. Il resta à distance respectable pour éviter d'être pris dans la pluie de flèches qui s'abattit sur Stryfe. Bien sûr, Anubis connaissait la suite pour l'avoir déjà vu à l'oeuvre. Tout ce qui le poussait à se présenter au côté du déchu était cette curiosité mordante pour ce qui était arrivé en détail au village qu'il avait dévasté. Soudain, du coin de l'oeil, il aperçu l'enfant que l'alien avait protégé des coups de feu de Nikola. Malgré la tempête des flèches qui s'étaitabattue, le gamain était intact. Il ne fallait pas être un génie pour deviner que ce qui allait arriver ne devait pas être surpris par un enfant, quel qu'il soit. Dolf oublia un instant son rôle d'égoïste servile pour se mettre à hauteur du garçon et à l'inviter d'un geste. La créature élémentaire était perdue et ne savait ce qu'il fallait faire. Surtout que cet homme, il le reconnaissait pour celui qui avait contredit son sauveur. Mais c'était lui aussi qui l'avait accompagné jusque dans leur bidonville pour les en sortir. Fallait-il le suivre ? Fallait-il rester ici ? Il s'accrocha un peu plus à Stryfe, Dolf se recula et le laissa à son choix. Il retrouva sa place de simple subordonné et laissa le gamin voir tout ce dont Stryfe était capable. C'est particulièrement sombre que lui aussi assista au carnage, peut-être un peu déçu de ne pas avoir pu voir l'exacte manière dont le village avait été rayé de la carte.

Et pendant que quelque part, peut-être, trois lycans en traînaient un quatrième à l'abri, le temps de lui prodiguer les soins nécessaires à son rétablissement, pourquoi pas chez cette petite humaine qu'il avait laissé aux soins de deux d'entre eux. Mais, tout ça n'est qu'n peut-être, et ça pouvait très bien ne pas être. Autrement dit ''Je ne suis au courant de rien, ne me demandez rien, je regarde juste des neltains finirs en pâtée pour lycans édentés en tenant un fusil avec mes bras ballants sans trop savoir s'il est vraiment nécessaire que j'aille jeter quelques munitions là dedans". Patiemment, il attendait que massacre se passe (sur un air très entraînant qui lui rappelait vaguement quelque chose, comme le langage de colonisateur que Stryfe avait jeté, par ailleurs) sans faire attention à l'enfant qui avait caché son visage.
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Re: La première bataille

Message  Stryfe le Dim 1 Sep - 2:52

Bien sûre, il y eut des survivants. Le terrain face à l'extérieure du fort était un abbatoir atomique et rien de moins; des silhouettes humaines dans les cratères noircis ne faisaient que rajouter un certain sens du sinistre aux flaques de chaires humaines et de sang bouillonnant. Des membres solitaires décoraient le bain de sang et le mur de la forteresse: une main ici, quelques pieds par là, une machoîre humaine dans ce coin... et quelques rescapés traumatisés et parfois légèrement démembrés. Ils pleuraient, ils souffraient, ils sentaient comprenablement la chiotte, mais ils vivaient. Rien n'était parfait, et il y avait toujours des survivants. C'est pourquoi il faut toujours avoir à l'esprit une conclusion satisfaisante à un bon massacre.

Stryfe sourriat de pleines dents, un sourire plus vicieux et prédateur que fou ou enragé. Il n'avait pas besoin de regarder à gauche, à droite et en arrière (et c'est comme ça qu'on dance avec une femme au bal, messieux!) pour savoir que les lycans, ces pauvres êtres qui s'abandonnaient sous cette forme canine à toutes leurs impulsions bestiales d'un seul coup, eux aussi, ils souriaient. Oh, ils avaient tous oubliés la mutinerie d'il y a quelques minutes; sûre, qu'ils s'en rappeleraient demain, mais demain c'est demain, et les affaires d'aujourd'hui auront l'air tellement flou dans leurs esprits... Après tout, qu'est-ce qu'un peu de rébellion pour des êtres déjà esclaves à leurs pulsions les plus violentes comparé à ce magnifique banquet frais et un peu rôti qui se présentaient devant eux (c'est le buffet du bal, mes amis! dégustons!).

-Mes chères amis! déclara Stryfe, à voix haute et fière.

Il leva le bras. Les lycans salivaient, montrant leurs crocs. Un faible sourire, plein de haîne et de reproche se forma même sur les lèvres du peuple du feu. "Crevez!", murmuraient-ils sous leurs souffles. Les enfants regardaient les méchants souffrir. En regardant leurs parents sourires, ils comprenaient que ces gens-là, en bas, devraient mourir. Ils apprenaient la haîne.

-Je vous présente le banquet! continua Stryfe, d'un ton oratoire. Dégustez!

Et d'un bon, les lycans partirent. Les survivants couraient; pourquoi pas? Il faut toujours tout essayer, dans la vie, surtout face à la mort absolut. Les lycans, affamés malgér leur précédent banquet sanglant, se jetèrent sur eux, deux ou trois par soldat. Ils mordirent, ils mâchèrent, ils démembrèrent... Le tout donna faim à Stryfe, en fait.

Il se tourna de la scène, se disant que le spectacle était loin d'être fini, qu'il serait encore là lorsqu'il aurait fini de fouiller les vivres du fort pour un truc immédiatement commestible. Au passage, il regarda Dolf d'un sourire victorieux, les yeux plein de froid. Il ne savait pas si le geste de Dolf plus tôt comptait comme une trahison ou si cet être ambiguë ne faisait que protéger sa place, peut-être plus fragile qu'il laissait Stryfe le croire. Qu'importe; Stryfe avait encore besoin de lui. Il avait encore besoin des conseils de son partenaire. D'un pas rapide et visiblement un peu nerveux, Vulcan se présenta devant Stryfe. C'était plutôt comique, ce don unique qu'avait le viocque d'avoir l'air fier et apeuré du même coup. Stryfe allait devori l'observé pour apprendre comment il faisait.

-Alors, avez-vous pris votre décision, Vulcan? demanda-t-il.

C'est parce que le vieux avait justement l'air tellement déterminé que Stryfe lui posa la question si tôt. En avalant sa salive (et très probablement sa fierté), le vieux Vulcan s'agenouilla et dégaîna une épée. Celle-ci était horriblement vieille et rouillé; même noircie par le souffre et la poussière, Stryfe le vit à la texture du métal. Il la présenta à Stryfe, poignée première.

-Nous combattrons à vos côtés! déclara le vieux, un ton de reproche s'infiltrant dans sa voix comme il regarda son peuple, transfixé par l'acte d'ultra-violence du Guerroyeur et de sa redoutable armée de lycanthropes. Nous prêterons nos épées, nos marteaux et notre magie à votre conquête...

Il avala avant de continuer, peut-être sur le bord de vomir.

-...Seigneur.

Stryfe sourit. Et puis pourquoi pas? Oh, il y avait eu cette mutinerie... et les traîtres on prît la fuite. Mais Stryfe avait gagné. Les Neltains lui ont permis de renforcer les liens de loyauté, et s'il s'était débarassé de quelques "problèmes" potentiels, tant mieux. Il avait aussi gagné la loyauté d'un peuple tout aussi fracturé que les lycans, et comme eux, déjà soumis à quelque chose de plus primordial qu'un homme. Eux, c'est avec la haîne que Stryfe pourrait les mener par le boût du nez. Il le voyait dans la manière avec laquelle même les enfants regardaient attentivement le massacre. Même le petit garçon que Stryfe avait accompagné en haut s'était dévoilé le visage, fixant le massacre avec un esprit qui devenait adulte, qui développait la capacité de détester. Oui, il souriait. Aujourd'hui était un bon jour pour le conquérant.
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Stryfe
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